Depuis la chute du régime de Bachar El-Assad en 2024, la région de Soueïda, au sud de la Syrie, a émergé comme un point central du trafic de captagon, une amphétamine de synthèse recherchée au Moyen-Orient. Ce territoire, désormais contrôlé par un dignitaire druze séparatiste appuyé par Israël, a transformé la frontière jordanienne en un véritable carrefour de la contrebande.
Durant les années de conflit, le captagon était devenu l'“industrie phare du régime d'El-Assad”, selon le quotidien d'État Al-Thawra. Entre 2022 et 2024, la Syrie représentait près de 80 % de la production mondiale de cette drogue, dont les profits dépassaient même ceux des cartels mexicains.
La chute du régime a certes entraîné une diminution rapide de la production industrielle de captagon, comme l'explique le média Enab Baladi. Les infrastructures du régime et du Hezbollah ayant été démontées, le trafic a connu un fléchissement temporaire. Cependant, il a rapidement repris avec vigueur dans la région de Soueïda.
Soueïda : entrepôt caché du captagon
Une récente enquête menée par Suwayda24 révèle que cette ville est devenue un véritable “entrepôt caché” pour la production et le trafic de captagon. Ces factions locales, souvent liées à la “garde nationale” de Hikmat Al-Hijri, ont hérité des infrastructures de production et se sont alliées aux contrebandiers pour développer de nouvelles méthodes de distribution, y compris des techniques innovantes de pilotage de ballons hélium pour faire passer les pilules à travers la frontière.
Depuis juillet 2025, le volume de trafic de drogue de Soueïda vers la Jordanie a triplé, incitant les gouvernements d'Amman et de Damas à mener des opérations militaires contre ces réseaux. Le 3 mai dernier, des frappes aériennes jordaniennes ont ciblé des installations de production dans la région.
Développement international des saisies
Ces actions font partie d'efforts plus larges réalisés par les autorités syriennes en coordination avec des pays comme l'Irak et la Turquie, visant à contrer le trafic. Des saisies récentes ont été annoncées, y compris une opération emblématique où 25 millions de comprimés ont été interceptés, souligne Al-Ikhbariah.
Le trafic de captagon ne se limite pas aux frontières syriennes. En mai, l'Inde a également annoncé avoir saisi 227 kilogrammes de cette drogue, prouvant l'ampleur du réseau mondial de distribution.
Alors que Soueïda émerge comme un pilier du trafic de captagon, les implications régionales demeurent inquiétantes, et la communauté internationale suit avec attention l'évolution de la situation en Syrie.







