La récente édition 2026 du sommet Choose France, consacré aux investissements industriels, n'a pas réussi à cacher l'état préoccupant de l'industrie française. Antoine Gaudron, représentant du cabinet de conseil stratégique Eight Advisory, a dressé un bilan sans complaisance. Sa déclaration résume bien la situation : « notre industrie est à la peine, c’est la réalité du moment ».
Bien que le sommet ait mis en avant 93 milliards d'euros d'investissements, en grande partie d'origine étrangère, cette annonce peut prêter à confusion. Gaudron explique que cette somme englobe plusieurs projets anciens et ne traduit pas nécessairement une dynamique de création. Les investissements sont souvent orientés vers des secteurs comme l'intelligence artificielle et les data centers, sans véritable focus sur des projets générateurs d'emplois, comme la construction de nouvelles usines.
Il souligne également que la vraie relance souhaitée fait défaut. Malgré un regain d'intérêt pour l'industrie pendant la pandémie, la situation actuelle présente de nombreux défis. « Nous souffrons de problèmes de modernisation, de rentabilité et de productivité. Historiquement, les entreprises françaises peinent à atteindre des marges suffisantes pour compenser un coût du travail élevé », note Gaudron. En effet, les défaillances d'entreprises atteignent des niveaux alarmants, frôlant les 70 000 sur une période de douze mois, un chiffre au-dessus des niveaux pré-pandémiques.
Les experts sont partagés quant à l'avenir. Si la France excelle dans des domaines comme l'aéronautique et la défense, ces secteurs requièrent des investissements colossaux pour des rendements souvent limités. « Il est primordial d'agir pour moderniser notre industrie, notamment via la robotisation », affirme un commentaire d'expert. Cependant, le coût prohibitif des technologies européennes repousse souvent la robotisation au second plan. La solution pourrait venir des technologies chinoises, plus accessibles, permettant d'améliorer la compétitivité industrielle.
« Le futur de l’industrie française pourrait venir de la robotique chinoise »
En conclusion, alors que la France espère profiter des annonces ambitieuses d'investissements, un retour à la réalité s'impose. La véritable question reste de savoir comment transformer ces promesses en opportunités concrètes pour un secteur longtemps mal aimé mais aux enjeux cruciaux.







