À l'approche du sommet des grandes puissances qui se déroulera du 15 au 17 juin en Haute-Savoie, des membres de la société civile expriment leur préoccupation face à un "effondrement de la solidarité internationale". "Emmanuel Macron a choisi de ne pas contrarier M. Trump", déclare Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau action climat. Ce G7 rassemblera l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, mais de nombreuses ONG craignent que des questions cruciales ne soient pas abordées.
Selon Alan Anic, chargé de plaidoyer chez Oxfam, "adapter l'agenda pour plaire à Washington empêche le G7 de se prononcer sur des problématiques essentielles et d'apporter des solutions face aux crises que nous traversons". Robin Guittard, directeur adjoint du plaidoyer au CCFD-Terre solidaire, ajoute : "Ce sommet ne sera qu'une belle photographie, sans réponses concrètes aux défis mondiaux".
"Donald Trump ne souhaite pas parler de changement climatique"
Les crises au Moyen-Orient et en Ukraine devraient occuper le devant de la scène. "Le président a fait de la lutte contre les déséquilibres mondiaux une priorité de la présidence française du G7", selon des sources officielles. Pourtant, plusieurs enjeux internationaux majeurs sont omis, note les ONG, qui évoquent la crise de la dette, "qui étouffe les pays du Sud", ainsi que "la concentration extrême des richesses" et les superprofits générés par certains acteurs économiques, précise Anne Bringault.
La diminution de l'aide publique au développement est également soulevée par plusieurs acteurs. Kevin Goldberg, directeur général de Solidarités International, critique : "Le terme 'aide' est devenu désuet pour le G7". Alan Anic exige des engagements clairs concernant cette aide.
Comme lors du précédent G7 Environnement, "le changement climatique ne sera certainement pas à l'ordre du jour", affirme Anne Bringault. En effet, "Donald Trump ne désire pas aborder la question climatique et est un climatosceptique". Les ONG se remémorent avec mélancolie les positions initiales d'Emmanuel Macron sur ces enjeux. Selon Bringault, "il aurait pu adopter une position ferme avec plusieurs pays du G7, mais a choisi d'ignorer l'urgence climatique".
Trouver d'autres espaces de discussion "puisque le G7 est devenu inopérant"
Aucun point n'est prévu concernant la dépendance aux énergies fossiles, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient. "Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, avait menacé de quitter la COP si un texte vide sur les fossiles était présenté. Aujourd'hui, alors que la France préside le G7, il n'y a toujours rien contre la volonté de contrarier Donald Trump", déclare Fanny Petitbon, responsable France de l'ONG 350.org.
"La science impose une transition énergétique, le droit international l'exige. La présidence du G7 doit avoir le courage d'agir."
Fanny Petitbon, responsable France de 350.orglors d'une conférence de presse







