Mercredi 10 juin, les TGV et trains régionaux seront en grande partie à l'arrêt en raison d'un mouvement de grève des cheminots, orchestré par quatre syndicats préoccupés par l'ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires régionales.
Cette grève, qui s'étendra sur 24 heures, affectera non seulement les TGV, mais également les trains régionales et de banlieue, un domaine de plus en plus soumis à la concurrence. Selon la SNCF Voyageurs, les perturbations seront notables, avec un TGV sur trois et un Intercités sur deux annulés.
Les syndicats CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots exigent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence et des augmentations de salaire pour compenser l'inflation. Jean Castex, le PDG de la SNCF, a qualifié ces trains de « trains du quotidien », soulignant leur importance pour les usagers.
Impact en Île-de-France : le RER A reste épargné
En région parisienne, la Transilien SNCF Voyageurs et Île-de-France Mobilités recommandent aux voyageurs de reporter leurs déplacements ce mercredi. Seul le RER A devrait circuler normalement, tandis que d'autres lignes comme les lignes J, K, et L ne devraient voir qu'un train sur deux circuler.
Le mouvement a déjà commencé en soirée avec quelques annulations de trains à grande vitesse, y compris des Eurostar. Ces interruptions sont directement liées à l'intensification des concours pour l'exploitation des lignes de trains, une stratégie adoptée par plusieurs régions.
Tensions autour de l'accord de branche
Les discussions autour des filialisations et des accords de branche soulèvent de vives inquiétudes. Julien Delion, conducteur à la SNCF et représentant syndical à Bayonne, met en lumière le risque de conditions de travail détériorées, avec moins de jours de repos et des temps de travail prolongés. Cette situation exacerbe l'angoisse parmi les employés concernés.
Pas moins de 27 000 salariés de la SNCF pourraient être transférés vers des entités locales, dont la taille serait réduite à celle de PME. Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué, a reconnu que c'est une « transformation majeure », tout en promettant un accompagnement lors de ces transitions, bien que les craintes demeurent.
Vers une concurrence généralisée d'ici 2033
Actuellement, neuf des onze régions TER prévoient de lancer des appels d'offres pour leurs réseaux ferroviaires. Alors que certains élus commencent à entrevoir les avantages de cette concurrence, les syndicats craignent que cela ne se fasse au détriment des employés.
La concurrence a également été introduite sur certaines lignes TGV, sans appel d'offres unique, permettant ainsi à plusieurs opérateurs de coexister. Les syndicats rappellent les conséquences dramatiques de tels changements, citant treize suicides à la SNCF en début d'année, ajoutant à la pression subie par le personnel.







