Ce mercredi, la SNCF est fortement impactée par une grève de 24 heures, initiée par les syndicats de la société ferroviaire. La perturbation concernera principalement les trains régionaux et de banlieue, alors que l’ouverture à la concurrence devient une réalité croissante. Selon SNCF Voyageurs, le trafic régional, essentiel pour les « trains du quotidien » comme les qualifie le PDG Jean Castex, sera considérablement affecté.
En ce qui concerne les lignes à grande vitesse, environ un TGV sur trois sera annulé, et la moitié des trains Intercités ne circuleront pas. Les principaux syndicats, à savoir la CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, réclament un moratoire sur l’ouverture à la concurrence et demandent des augmentations de salaires pour faire face à l’inflation. À Paris, le RER A devrait rester presque intact, mais sur d’autres lignes, le trafic sera très réduit, avec un train sur deux à peine, notamment sur les lignes J, K, et L.
Les causes profondes de la contestation
La grève est déclenchée à un moment où la SNCF procède à des changements significatifs avec les filialisations liées au transfert des lignes vers des concurrents. Comme l’indique Julien Delion, un conducteur de train et secrétaire syndical, la création de ces nouvelles entités pourrait entraîner des conditions de travail moins favorables, avec moins de jours de repos et des heures de travail prolongées. En effet, s’ils choisissent de ne pas être transférés, ces travailleurs risquent d’être licenciés.
La situation s’avère particulièrement tendue dans les régions des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, où l'ouverture à la concurrence est imminente. Selon Jean-Aimé Mougenot, directeur TER chez SNCF Voyageurs, cette transformation interne touche près de 27 000 employés, qui devront s’adapter à des conditions incertaines.
Des changements à venir dans le réseau de transport
Au total, neuf régions sur onze prévoient des appels d’offres pour l'exploitation de leur réseau TER d'ici 2033, ce qui pourrait redéfinir l'ensemble du paysage ferroviaire français. Bien que certains élus espèrent que cela améliorera la qualité du service, les syndicats redoutent que cette concurrence ne se fasse au détriment des conditions de travail des employés.
Des changements similaires sont à l'œuvre sur les lignes TGV, où plusieurs opérateurs peuvent désormais coexister. Ce bouleversement rappelle les difficultés économiques rencontrées par France Télécom dans les années passées. Depuis le début de l'année 2026, la SNCF a enregistré 13 suicides parmi ses employés, un chiffre alarmant qui souligne l'impact psychologique de ces transformations.







