Une ONG érythréenne, Human Rights Concern-Eritrea (HRCE), a révélé que plus de 3 000 réfugiés érythréens ont été arrêtés en Égypte depuis début janvier 2023. L'organisation a témoigné de violences sexuelles, de torture et d'autres abus infligés aux détenus. Cela intervient dans un contexte où l'Égypte semble s'efforcer de renforcer ses liens avec l'Érythrée, tout en faisant face à une pression internationale croissante sur ses pratiques en matière de droits humains.
Selon HRCE, les témoignages de réfugiés évoquent des « coups et brûlures », ainsi que des « refus de soins médicaux », révélant ainsi l'horreur des conditions de détention. De plus, des rapatriements forcés vers l'Érythrée de personnes enregistrées auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont été signalés. Ces retours forcés peuvent constituer une violation du droit international, qui protège les réfugiés de telles mesures.
Les relations tendues entre l'Égypte et l'Érythrée sont exacerbées par le contexte régional. L'Égypte, préoccupée par les constructions de barrages en Ethiopie qui menacent ses ressources en eau, trouve un écho dans la position de l'Érythrée, qui s'inquiète également de l'expansion des ambitions éthiopiennes. Dans un entretien, un expert en droits humains a indiqué : "La situation actuelle mérite une attention accrue de la communauté internationale, car les vies de milliers de personnes sont en jeu."
Appel à l'ONU
HRCE exige une intervention rapide de l'ONU pour mettre fin aux expulsions et appelle le gouvernement égyptien à respecter ses engagements internationaux en matière de droits des réfugiés. Historiquement, l'Érythrée a été critiquée pour ses violations des droits humains, et des milliers d'opposants politiques ainsi que des journalistes sont toujours détenus sans procès, selon diverses ONG.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au pouvoir depuis 2014, est également sous le feu des critiques en raison des conditions de détention de nombreux prisonniers politiques dans le pays, alors même que le gouvernement dément ces allégations. L'escalade des tensions et la situation des réfugiés en Égypte soulèvent des questions essentielles sur la responsabilité des nations face aux abus des droits humains.







