La bataille juridique autour de l'interdiction de Palestine Action s'intensifie

Un tribunal examine la légitimité de l'interdiction contestée du groupe propalestinien.
La bataille juridique autour de l'interdiction de Palestine Action s'intensifie
©JUSTIN TALLIS, AFP - Un manifestant est emmené par des policiers lors d'une action de soutien à l'organisation Palestine Action, à Londres, le 4 octobre 2025

Le gouvernement britannique se défend ce mercredi devant la justice concernant son interdiction controversée de l'organisation Palestine Action, déclarée terroriste en juillet dernier. Cette décision a entraîné l'arrestation d'un grand nombre de manifestants, estimés à plus de 2.000 personnes, qui expriment leur soutien à ce groupe propalestinien.

Cette interdiction a été qualifiée de "disproportionnée" par l'ONU et a suscité des critiques de la part d'organisations de défense des droits humains. Le Conseil de l'Europe a également dénoncé cette mesure comme une atteinte excessive à la liberté de manifester. À travers le Royaume-Uni, des milliers de citoyens, issus de diverses générations et professions, ont pris part à des manifestations fréquentes, arborant des slogans comme : "Je m'oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action".

Selon l'association Defend Our Juries, environ 2.300 manifestants ont été arrêtés depuis l’interdiction, et 254 ont été inculpés pour soutien à une organisation terroriste. Les peines encourues pourraient atteindre six mois de prison, en vertu des lois antiterroristes.

Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, a engagé une procédure judiciaire pour contester cette interdiction qui assimile le mouvement à des groupes tels qu'Al-Qaïda et le Hezbollah. L'audience, qui débute ce mercredi à la Haute Cour de Londres et s'étendra sur trois jours, pourrait s'avérer décisive pour le gouvernement, déjà épinglé pour ses définitions trop larges des catégories de terrorisme.

Le ministère de l'Intérieur défend sa position en affirmant que Palestine Action est impliquée dans une "campagne de plus en plus intense" marquée par des actes de dégradations significatifs, y compris sur des infrastructures critiques du Royaume-Uni. Yvette Cooper, alors ministre de l'Intérieur, avait déclaré que plusieurs partisans de Palestine Action ignoraient la nature véritable de l’organisation.

Un représentant de Defend Our Juries a exprimé l’espoir que la justice prenne en compte le bon sens. Il a décrit l'interdiction comme "un abus de pouvoir autoritaire" visant à protéger non seulement Israël mais aussi les entreprises d'armement qui soutiennent ses actions. Créée en 2020, Palestine Action se positionnait sur son site — désormais inaccessible — comme un "mouvement d'action directe engagé dans la lutte contre le régime d'apartheid d'Israël".

Les actions du groupe ciblaient principalement des entreprises de défense, comme Elbit Systems. L'interdiction est survenue après des intrusions sur une base militaire britannique, avec des dommages estimés à 7 millions de livres sterling, selon le bureau du procureur.

Lors d'une audience en juillet, un juge avait accordé à Huda Ammori l'autorisation de contester l'interdiction sur deux points : la potentielle atteinte à la liberté d'expression et l'absence de consultation préalable du groupe avant la décision ministérielle.

Si la justice lui donne raison, des condamnations récentes des sympathisants de Palestine Action pourraient être annulées et les poursuites abandonnées. Cela dit, les poursuites mènent actuellement contre des militants pour des actions menées avant l'interdiction du groupe.

En France, cette affaire a également trouvé un écho, avec plusieurs médias couvrant le débat sur la liberté d'expression dans le contexte du soutien à des groupes contestataires. Des experts en droit des droits humains continuent de suivre de près l'évolution de ce dossier, qui pourrait avoir des implications sur la législation concernant la liberté d'expression en Europe.

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