Suite à une période d'incertitude géopolitique croissante, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a officialisé la tenue d'élections législatives le 24 mars prochain. La dirigeante social-démocrate, connue pour son soutien indéfectible à l'Ukraine, espère capitaliser sur un regain de popularité lié à sa gestion des enjeux liés au Groenland, région stratégique au cœur de débats internationaux.
« Aujourd'hui, j'ai recommandé à Sa Majesté le Roi de convoquer des élections au Folketing », a-t-elle déclaré devant le parlement danois. Conformément aux lois en vigueur, la législature a une durée maximale de quatre ans, et Frederiksen devait organiser ces élections avant le 31 octobre.
Un récent sondage de TV2 révèle que 21 % des électeurs envisagent de voter pour les sociaux-démocrates, les maintenant en position de force même si ce chiffre marque une baisse de 6,5 points par rapport à l'année précédente. « La force du mandat que vous me donnerez sera déterminante pour mon rôle de Première ministre », a ajouté Frederiksen avec assurance.
Son programme électoral inclut la réduction de l'âge de départ à la retraite et l'introduction d'un impôt sur la fortune. Dans un contexte où le Parti du Peuple danois, d'extrême droite, met l'accent sur des politiques migratoires strictes, elle souhaite également rassurer l'électorat sur sa capacité à gérer ces sujets essentiels.
Des critiques se font entendre; Morten Messerschmidt, le leader de l'opposition, accuse la Première ministre de se focaliser davantage sur sa réélection que sur les problématiques à résoudre. « Elle cherche avant tout à redevenir Première ministre », a-t-il déploré.
Un regard tourné vers l'international
Sur le plan international, Mette Frederiksen a affirmé que la sécurité demeurerait une priorité absolue pour le Danemark. En tant que l'un des principaux fournisseurs d'aide à l'Ukraine, Copenhague doit continuer à se réarmer face aux menaces extérieures, en particulier celles provenant de la Russie.
« La politique de sécurité sera le socle de notre action durant de nombreuses années », a-t-elle insisté, tout en soulignant la nécessité de redéfinir les relations avec les États-Unis. Au sujet du Groenland, qui a récemment suscité des tensions avec l'administration américaine, elle a réaffirmé que seule la population locale devrait décider de l'avenir de ce territoire, en dépit des ambitions expansionnistes exprimées par des figures politiques américaines.
Les opinions des citoyens varient. Maria Thisted Jensen, employée dans une agence de voyage, évoque l'importance croissante des questions liées au Groenland durant cette campagne électorale : « Beaucoup de personnes sont préoccupées par ce sujet, surtout à la lumière des récents événements aux États-Unis. »
Glenn Lulloff, retraité, estime que le temps des politiques sociales-démocrates est révolu et signale un transfert potentiel vers le bloc conservateur. Sa vision sur l'avenir politique du pays reflète un changement possible dans le paysage électoral.
Élue en 2019, Mette Frederiksen a depuis navigué dans des eaux turbulentes, oscillant entre des succès et des revers, comme la perte de plusieurs municipalités lors des élections locales précédentes. La campagne qui s'annonce pourrait bien redéfinir l'avenir du Danemark face aux défis contemporains et aux attentes des électeurs.
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