Los Angeles (États-Unis) – Lors d'un procès contre Google et Meta, une jeune femme a révélé avoir développé une dépendance à YouTube dès son enfance. Aujourd'hui âgée de 20 ans, Kaley G.M. a décrit sa consommation intensive de la plateforme, commencée à l'âge de 6 ans. Elle a affirmé, lors de son témoignage, avoir passé "tout (son) temps" sur l'application de vidéos, avant d'enchaîner avec Instagram à partir de 9 ans.
Ce procès est crucial pour déterminer si ces géants technologiques ont délibérément conçu leurs applications pour encourager une consommation excessive chez les jeunes utilisateurs. Kaley, interrogée par son avocat Mark Lanier, a évoqué l'absence de restrictions motivées par son âge lors de la création de ses comptes. "Je ne pense pas qu'on m'ait demandé mon âge", a-t-elle déclaré, expliquant que des systèmes d'estimation d'âge basés sur l'intelligence artificielle n’ont été introduits aux États-Unis qu'en 2025.
Kaley a décrit comment cette surconsommation des réseaux sociaux a entraîné des difficultés psychologiques, dont une dépression diagnosticée dès l'âge de 10 ans, accompagnée d'anxiété et d'auto-désapprobation. "Quand je n'étais pas sur ces plateformes, je craignais de rater quelque chose", a-t-elle confessé, ajoutant qu'elle s'était parfois retrouvée à passer 16 heures par jour sur Instagram.
Dépression à 10 ans
Victime de cyberharcèlement sur le même réseau, la plaignante a continué à l'utiliser régulièrement malgré son mal-être. Elle a décrit sa lutte avec un trouble dysmorphique corporel, une obsession sur des défauts physiques imaginaires. "J'ai besoin de plusieurs heures pour me préparer avant de sortir", a-t-elle avoué, reflétant un combat quotidien contre son image.
Malgré les difficultés, Kaley a reconnu qu'appartenir à ces plateformes reste difficile à abandonner. Ce procès représente une pierre angulaire pour d'autres affaires similaires aux États-Unis, où le jury devra se prononcer sur la stratégie de ces entreprises réputées pour leur rôle dans la surconsommation des contenus.
À l'origine, TikTok et Snapchat étaient également concernés, mais ont choisi de régler à l'amiable avant le début des audiences. Alors que Meta est déjà au cœur de controverses liées à la protection des mineurs, ce procès pourrait ouvrir la voie à des changements significatifs dans la réglementation des réseaux sociaux.
Les témoins d'experts et les analyses des réseaux sociaux pourraient apporter plus de lumière sur les effets à long terme de l'engagement précoce avec ces plateformes, un sujet qui suscite de plus en plus d'inquiétudes au sein de la société.







