Le Pakistan a réaffirmé sa détermination à défendre son territoire, recevant en retour le soutien des États-Unis suite à l'escalade des hostilités avec les autorités talibanes d'Afghanistan.
Ce vendredi, Islamabad a frappé plusieurs grandes villes afghanes, dont Kaboul, après une offensive initiée par les forces afghanes la veille, marquant un tournant dans leur relation longtemps troublée depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021.
« Le Pakistan protégera son territoire en toutes circonstances », a déclaré le ministre de l'Information, Attaullah Tarar, sur X récemment. En réponse, les États-Unis ont affiché leur soutien à Islamabad. Allison Hooker, haut fonctionnaire du département d'État, a exprimé sur X que Washington « continue de suivre de près la situation » et soutient le droit du Pakistan à se défendre contre les attaques talibanes.
Les autorités pakistanaises accusent l'Afghanistan d'héberger des groupes armés lançant des attaques sur leur sol, ce que les autorités afghanes démentent vigoureusement. De nombreuses violences sont attribuées aux talibans pakistanais (TTP), un groupe armé partageant la même idéologie que les talibans afghans.
Des tirs d'artillerie et des coups de feu ont été entendus près de la frontière stratégique de Torkham, l'un des rares points de passage restants entre les deux pays. Un rapatrié afghan a témoigné à l'AFP avoir vu des blessés parmi les civils lors de ces affrontements.
La situation s'est aggravée en octobre, avec des combats ayant fait au moins 70 morts des deux côtés. Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a qualifié les bombardements de « réponse appropriée » face à l'agression afghane.
« Notre patience a atteint ses limites », a affirmé le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, mettant clairement en lumière l'escalade des tensions. De l'autre côté de la frontière, Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans, a plaidé pour une résolution par le dialogue.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à une cessation immédiate des hostilités, exprimant ses préoccupations pour la population civile. Les autorités iraniennes ont également exhorté à la retenue des deux parties, tandis que le CICR a appelé à la désescalade.
Suite aux bombardements nocturnes, les talibans afghans ont menacé de lancer des frappes à grande échelle contre des positions pakistanaises. Les récents échanges de frappes correspondent à des représailles suite aux attentats-suicides touchant le Pakistan, selon les propos d'une source sécuritaire de la région.
Les comptages des pertes varient largement, rendant difficile une évaluation précise des pertes humaines des deux côtés. Une récente mission de l'ONU a signalé au moins 13 civils tués, tandis que le gouvernement taliban évoque un bilan encore plus élevé.
Les efforts diplomatiques pour mettre un terme au conflit s'intensifient, avec des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar jouant les intermédiaires dans les négociations. Une trêve précédemment convenue s'est rapidement effondrée, exacerbant les tensions entre les deux nations.







