Toujours dans un élan réformateur et en quête d'une connexion renforcée avec les États-Unis, le président argentin Javier Milei a présenté dimanche sa vision pour les prochaines années, comprenant 90 réformes destinées à « redessiner » le pays. En exclusivité, il a indiqué vouloir ériger cette alliance en « politique d’État ».
Désireux de tirer les leçons des erreurs passées, Milei a évoqué dans son discours l'idée que l'Argentine a manqué des « opportunités historiques », en citant la neutralité du pays pendant la Seconde Guerre mondiale qui a plongé l’Argentine dans une « marginalisation » prolongée.
L’Argentine doit désormais se positionner comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Comme l'a souligné Milei, l'alliance avec les États-Unis n'est pas simplement un contrat, mais une « affinité culturelle et des objectifs stratégiques partagés ».
À l’approche de son mandat parlementaire, Milei a évoqué les atouts de l’Argentine, tels que ses richesses en minerais, gaz et ses potentialités en énergies renouvelables, tout en insistant sur la nécessité d'une transformation durable. Pour lui, l’Argentine doit devenir « un maillon naturel de la chaîne de valeur stratégique de l’Occident ».
Réformes non-stop
Javier Milei a orienté une majeure partie de son discours sur les succès macroéconomiques de son gouvernement, notamment la baisse de l'inflation, passée de 150 % à 32 %. Il a promis une « pluie de réformes structurelles » qui, selon lui, changera l'architecture institutionnelle pour les prochaines décennies.
Des réformes fiscales au système judiciaire en passant par l’éducation, le président est déterminé à agir rapidement. Selon le politologue Pablo Touzon, « cette année commence sous de bons auspices pour Milei, qui semble avoir consolidé son pouvoir face à une opposition perdue ».
Sur le carreau
Malgré la mise en place de certains accords commerciaux, la situation économique reste difficile. En deux ans, l'Argentine a perdu près de 300 000 emplois, tandis que certains experts, tel Mario Grinman, président de la Chambre de commerce d’Argentine, s'inquiètent de « dégâts futurs dans le monde de l’entreprise ».
Bien que des secteurs soient en phase de reprise, tels que l'agriculture et les services financiers, l'industrie et le commerce rencontrent encore des difficultés. L'avenir du pays repose désormais sur ces réformes audacieuses de Milei, qui espère offrir à la prochaine génération une « Argentine normalisée et prospère ».







