Bruxelles a récemment dévoilé une stratégie visant à dynamiser la construction navale européenne. Ce plan intervient dans le cadre des initiatives de soutien à la réindustrialisation et à promouvoir le « made in Europe ». Avec une part de marché de seulement 12 à 15 %, la construction navale européenne est en forte concurrence avec des pays comme la Chine et la Corée du Sud qui contrôlent désormais 80 % du marché mondial, selon l'organisation Sea Europe.
Ferries à double usage et technologies avancées
Un porte-parole de l'industrie a souligné que la Chine domine le marché des navires commerciaux, laissant l'Europe concentrée sur des segments spécialisés tels que les ferries, les brise-glaces et les technologies maritimes avancées. Des chantiers navals comme les Chantiers de l'Atlantique en France et Fincantieri en Italie restent parmi les acteurs majeurs du secteur.
La Commission européenne a annoncé une stratégie générale axée sur la « stimulation de la compétitivité » et la « décarbonation » de l'industrie maritime. Stéphane Séjourné, commissaire européen à l'Industrie, a promis d'accélérer le développement du « made in Europe » en mettant un accent particulier sur des projets innovants, comme des navires à propulsion nucléaire et des ferries civils-militaires.
Fonds européen pour la compétitivité
Le nouveau Fonds européen de compétitivité, prévu dans le budget 2028-2034, pourrait financer des investissements dans des navires écologiques et numériques. Ce plan vise également à renforcer la main-d'œuvre, à favoriser la transition énergétique, et à diminuer la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens.
Selon Wouter Beke, eurodéputé belge, « en renforçant notre engagement pour des navires construits dans l'UE et en soutenant des technologies à double usage, nous pouvons atténuer notre dépendance envers l'Asie et fortifier notre économie et notre sécurité ». Pendant ce temps, il est à noter que la Chine a accordé près de 15 milliards de dollars de prêts au secteur maritime entre 2020 et 2024, alors que l'Europe est contrainte par des accords de l'OCDE interdisant l'octroi de subventions à ses propres chantiers.







