Lisbonne (AFP) – Le monde littéraire est en deuil suite au décès du romancier portugais Antonio Lobo Antunes, reconnu comme l'une des voix les plus influentes de la littérature lusophone. La maison d'édition Leya, qui a publié son dernier ouvrage en 2022, a confirmé la triste nouvelle.
Une porte-parole de Leya a déclaré à l'AFP : "Son décès est confirmé. Nous allons préparer une note de condoléances." Malgré des défis personnels, y compris la lutte contre plusieurs cancers, Lobo Antunes a continué à écrire, livrant en moyenne un roman par an jusqu'à récemment.
Considéré comme un observateur critique de la société portugaise contemporaine, son œuvre mêle habilement roman, poésie et autobiographie, tout en utilisant un style riche et métaphorique. Le célèbre journaliste portugais, Manuel Carvalho, a évoqué son approche novatrice, la qualifiant de "joyau de la littérature moderne".
Né en 1942 à Lisbonne, Lobo Antunes a été marqué par ses expériences en tant que médecin militaire pendant la guerre coloniale en Angola dans les années 70. Cette période a été déterminante pour son parcours littéraire, culminant avec son deuxième roman, Le cul de Judas (1979), qui a façonné son statut d'écrivain reconnu. À partir de 1985, il a choisi de consacrer sa vie entièrement à l'écriture.
Ses récits révèlent les conflits intérieurs d'une nation ayant vécu 48 ans de dictature, ainsi que les désillusions qui ont suivi l'instauration de la démocratie en 1974. Son livre emblématique, Le manuel des inquisiteurs (1996), illustre cette ironie tragique.
Avec environ trente romans à son actif et plusieurs recueils de chroniques de presse, Lobo Antunes a reçu en 2007 le Prix Camoes, la récompense la plus prestigieuse de la littérature lusophone. Son décès marque la perte d'un auteur qui a laissé une empreinte indélébile dans le paysage littéraire.
Alors que les éloges affluent de ses lecteurs et admirateurs, il est crucial de se rappeler l'œuvre d'Antonio Lobo Antunes et de transmettre son héritage aux générations futures.







