Ce jeudi 6 mars, Donald Trump a annoncé la décision de mettre fin aux fonctions de Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, une figure marquante de la politique anti-immigration. Sur son réseau Truth Social, il a précisé que Noem serait désignée "émissaire spécial" pour l'Amérique latine, au moment même où le sénateur républicain Markwayne Mullin est pressenti pour lui succéder, une nomination qui devra cependant être validée par le Sénat, où les républicains demeurent majoritaires.
D'après des sources médiatiques, cette décision serait survenue suite à des auditions parlementaires tendues, au cours desquelles Kristi Noem a dû défendre des politiques controversées. Notamment, sa tentative d'élargir une campagne publicitaire de 220 millions de dollars incitant les immigrés à rentrer volontairement chez eux aurait agacé Trump, lequel s'était félicité des résultats obtenus sous sa direction, en particulier en matière de contrôle des frontières.
Une nomination controversée
Trump a qualifié son nouvel ambassadeur de la Sécurité intérieure de "guerrier MAGA", suscitant des réactions mitigées dans les cercles républicains. Mullin s'est engagé à bâtir sur les succès de Noem, tout en reconnaissant qu'il y avait des questions à revoir.
Pour sa part, Kristi Noem a exprimé sa gratitude envers Trump via des réseaux sociaux. Elle a vanté des "succès historiques", arguant que plus de trois millions d'immigrés en situation irrégulière avaient quitté le pays sous sa supervision, une affirmation contestée par des experts du secteur de l'immigration.
Les réactions politiques n'ont pas tardé. Hakim Jeffries, le chef des démocrates à la Chambre, a souhaité la voir partir, déclarant que "la seule solution réside dans un changement de politique, pas de personnes". Le sénateur Adam Schiff a également souligné que la campagne publicitaire aurait été une raison de son limogeage, plutôt que les actions concrètes des forces de l'ordre en matière de contrôle de l'immigration.
Un climat tendu au sein du gouvernement
Au cours des dernières semaines, Noem a été confrontée à des critiques venant de plusieurs fronts au Congrès, notamment sur la gestion des fonds publics et la manière dont elle a décrit des manifestants comme des "terroristes intérieurs" après un incident tragique à Minneapolis. Elle a décliné toute responsabilité et s'est limitée à exprimer ses condoléances, entraînant une intensification des appels à sa démission au sein même de son propre camp.
La nomination de Markwayne Mullin à la tête du ministère de la Sécurité intérieure marque un tournant significatif dans la stratégie de Trump face aux questions d'immigration, un dossier qu'il a toujours considéré comme une priorité nationale.
Comme l'a rapporté BFMTV, cette évolution pourrait également influencer le budget du ministère, déjà en proie à des tensions depuis mi-février, avec des appels à réformer le fonctionnement des agents fédéraux de manière significative.







