Ce vendredi 24 avril 2026, le conseil municipal de Poitiers se réunira pour approuver son budget primitif pour l'année 2026. À l'approche de cette étape cruciale, le maire, Anthony Brottier, a évoqué les enjeux financiers préoccupants lors d'une récente conférence de presse.
Pour son premier mois à la tête de la mairie, Brottier se retrouve déjà confronté à la réalité d'un budget établi par l'ancienne majorité, limitant ainsi la capacité d'action de son équipe. "Nous souhaitons agir avec transparence, en alertant sur l’augmentation préoccupante de notre endettement", a-t-il déclaré.
Une capacité de désendettement qui pourrait passer de 10 à... 97 ans !
Alors que les recettes stagnent et que les dépenses sont en hausse, la situation financière de Poitiers devient alarmante. Le budget 2026, véritable baromètre des finances municipales, inquiète le nouvel exécutif. "Nous atteignons un seuil de vigilance avec une dette qui est passée de 90 millions d'euros en 2020 à 124 millions aujourd'hui. Si aucune mesure n'est prise, elle pourrait grimper à 270 millions d'euros en 2032", a souligné le maire.
Actuellement, cela représente une dette par habitant de 1.352 euros, une augmentation significative par rapport à 995 euros en 2021. La projection pour 2033 pourrait atteindre 3.055 euros par habitant si la tendance actuelle se poursuit.
Pour éviter d’augmenter les impôts locaux, le maire a affirmé: "Nous sommes totalement opposés à cette option, mais nous devrons impérativement réexaminer les projets en cours pour optimiser nos ressources financières, même si cela signifie ralentir leur mise en œuvre."
Hausse des tarifs généralisés de la commune de 2%
Les projets envisagés, tels que la réhabilitation du Palais des ducs d'Aquitaine, la construction d'une nouvelle école aux Couronneries, et des initiatives d'urbanisme autour de la gare, ne sont pas remis en question. Toutefois, leur financement devra être réévalué pour assurer une viabilité à long terme.
À noter que le budget primitif soumis au vote a été déterminé par une lettre de cadrage adoptée par l'ancienne majorité écologiste, prévoyant une réduction des charges de 3,5%, des baisse de crédits pour le CCAS, et une hausse des tarifs généralisés de 2%.
Ce contexte nécessite une approche stratégique pour maîtriser les dépenses tout en soutenant les projets urbains indispensables au développement de Poitiers. Les experts s'inquiètent de la tendance générale face à la montée des dettes locales, un sujet récurrent dans de nombreuses municipalités, y compris dans des villes comme Bordeaux et Toulouse, où des mesures similaires sont envisagées.







