Le président Emmanuel Macron a encouragé, dimanche, à une vigilance constante face à la résurgence de l'antisémitisme en France. Lors d'une cérémonie à Paris, il a proposé d'apposer les noms des Justes dans tous les lieux où des Juifs ont trouvé refuge durant la période nazie.
"Face à ce retour de l'antisémitisme, la vigilance est un devoir de chaque instant", a souligné Macron, présidant la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus, 120 ans après la décision de la Cour de cassation.
En ce jour symbolique, le président a affirmé que chaque maison, immeuble ou site ayant abrité des Juifs durant la guerre devrait porter les noms des Justes qui ont œuvré pour leur sauvegarde. Il a ainsi appelé toutes les municipalités françaises à s'engager dans cette initiative.
Macron a fait le lien entre deux événements fondamentaux de l'histoire de l'antisémitisme en France. Alfred Dreyfus, d'origine juive, fut injustement accusé de haute trahison au profit de l'Allemagne sur la base de fausses preuves, avant d'être réhabilité grâce au combat d'intellectuels et de politiciens, soulignant ainsi la persistance des luttes pour la justice.
"L'affaire Dreyfus n'est pas une page de notre histoire que nous aurions définitivement tournée en 1906", a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de se souvenir des leçons de cette période.
"Les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais vraiment disparu de notre pays", a-t-il averti, appelant à entretenir l'héritage des "dreyfusards" et à défendre les droits de chacun, indépendamment de leur origine ou croyance.
Charles Dreyfus, 99 ans, petit-fils de l'ancien capitaine, a également exprimé sa tristesse face au retour de l'antisémitisme. Il a célébré l'érection d'une statue de son grand-père dans la cour de l'École militaire, symbole fort de justice.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé que la place de Maurice Barrès, un ardent critique de Dreyfus, sera renommée en l'honneur de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine, qui a enduré de nombreuses épreuves pour le soutenir. Une belle affinité entre mémoire et justice, rappelant que le combat pour l'égalité et la dignité humaine est plus que jamais d'actualité.







