Ce samedi 3 janvier, le président français a affirmé que le peuple vénézuélien était désormais « débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro », une déclaration qui a été qualifiée de « honte » par des figures emblématiques de la gauche, tels que Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure. Cette réaction négative reflète les profondes divisions au sein du paysage politique français concernant les relations avec les États-Unis et leur rôle dans les affaires latino-américaines.
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, n’a pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux, dénonçant la prise de position de Macron comme étant contraire à la voix historique de la France sur la scène diplomatique. « Il abandonne le droit international », a-t-il tweeté, ajoutant que la France ne devait pas se comporter comme un simple porte-parole des États-Unis.
Les critiques ont également été soutenues par d'autres personnalités politiques. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, « la France n’est pas un État vassal des USA » et il a insisté sur la nécessité d’une approche plus nuancée qui prenne en compte le droit à l’autodétermination des peuples.
De son côté, Fabien Roussel, le leader du Parti communiste, a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une « honte ultime » pour la France. Selon lui, la réaction de Macron réduit la France au rang d'un des États-Unis, faisant écho à une époque où la diplomatie française se voulait indépendante et assertive.
Un rassemblement a été organisé à Paris, réunissant plus d’un millier de personnes, agitant des drapeaux vénézuéliens en signe de solidarité. À cette occasion, Mélenchon a exigé le « retour immédiat de Nicolás Maduro libre au Venezuela ». Ce point de vue a été renforcé par l'exécutif français, via le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a rappelé que l’opération américaine « contrevient au droit international » et qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur.
Dans ce contexte, la déclaration de Macron sur une transition « pacifique et démocratique » en faveur d’Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l’opposition, a été perçue comme une tentative de marquer une distance tout en se positionnant sur une ligne pro-américaine. Les experts estiment que cette dualité dans la position française témoigne d’une stratégie plus large qui cherche à équilibrer le soutien aux aspirations démocratiques tout en résistant aux répercussions des actions américaines.
Le débat soulève des questions sur le rôle de la France dans les affaires internationales, particulièrement en Amérique Latine, une région où elle a historiquement plaidé pour la non-ingérence et le respect des droits de l'homme. Les réactions à la déclaration de Macron suggèrent que les lignes de fracture au sein de la politique française continueront de se développer, ce qui pourrait avoir des conséquences significatives sur la diplomatie française à l’avenir.







