La mobilisation des agriculteurs prend une ampleur sans précédent. En dépit des interdictions, des convois de tracteurs sont arrivés à Paris, jeudi 8 janvier au matin, provoquant plusieurs blocages et des tensions avec les forces de l'ordre. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a été interpellée par les manifestants lors de sa tentative de dialogue.
Des dizaines d'agriculteurs se sont réunis devant l'Assemblée nationale pour exprimer leur mécontentement face à l'accord Mercosur, qu'ils jugent catastrophique pour leur avenir. Yaël Braun-Pivet a tenté d'engager le dialogue, mais les échanges ont rapidement tourné au confrontational. Au foot de l'Arc de Triomphe, des tracteurs ont été stationnés, symbolisant leur lutte contre une concurrence qu'ils considèrent comme déloyale.
Karine Duc, membre de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, a levé la voix : "C'est hypocrite de la part de notre classe dirigeante de nous contraindre à accepter ces importations, qui ne respectent pas nos normes". Malgré l’incertitude des négociations, les agriculteurs sont déterminés à rester sur place jusqu'à obtenir des réponses concrètes. Jean-Charles Demonchaux, de la Coordination rurale du Cher, a exprimé son scepticisme : "Nous espérons beaucoup, mais nous craignons de ne rien obtenir, comme à l'accoutumée".
La mobilisation a également attiré des Franciliens solidaires, alarmés par les contradictions de la politique environnementale gouvernementale. Une riveraine a témoigné : "On parle d'écologie, mais avec le Mercosur, les décisions vont à l’encontre de nos discours".
Des manifestations controversées
Les agriculteurs, venus de tous les départements, sont parvenus jusqu’à Paris au volant de leurs tracteurs après un long périple. Des blocages de route ont été signalés, notamment avec un arbre abattu pour entraver la circulation. Le sentiment général est que signer l'accord Mercosur pourrait marquer la fin de l'agriculture en France. Adrien Mary, agriculteur en Eure-et-Loire, a alerté : "Sans agriculture française, nous serons totalement dépendants des importations".
Un incident notable a eu lieu en Eure-et-Loir, où un convoi de tracteurs a forcé un barrage de gendarmerie. Le gouvernement, de son côté, qualifie ces manifestations d'illégales et a promis de faire preuve de fermeté face à ces actions. Emmanuel Macron a récemment exprimé son soutien à l'agriculture locale, mais les agriculteurs estiment que des actions concrètes doivent maintenant suivre les discours.
Les tensions perdurent alors que les agriculteurs, déterminés, s’installent dans les rues parisiennes, espérant obtenir des réponses. Les reporters de Franceinfo et d'autres médias locaux continuent de suivre cette situation délicate, témoignant d'un mouvement qui pourrait marquer un tournant dans la lutte des agriculteurs contre la politique commerciale française.







