La relation entre le Japon et les États-Unis est mise à l’épreuve alors que Tokyo s’inquiète du rôle croissant de Pékin dans la région. Avec l’intervention américaine au Venezuela, le gouvernement japonais reconsidère les fondements de son alliance traditionnelle avec Washington.
Historiquement, le Japon a basé ses arguments contre une potentielle annexion de Taïwan par la Chine sur le respect de l’État de droit et l’opposition à tout changement du statu quo par la force. Cependant, l’administration Trump semble compromettre ce dernier principe en intervenant au Venezuela pour destituer Nicolás Maduro le 3 janvier, ce qui a semé le doute sur la fiabilité des États-Unis en tant qu'allié de confiance.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a manifesté son embarras en ne soutenant pas cette intervention lors d’une conférence de presse, se contentant de proposer des efforts diplomatiques pour rétablir la démocratie au Venezuela en collaboration avec d'autres pays du G7. Cela traduit une réticence à s'aligner sans réserve sur les décisions américaines.
Les experts, comme l’économiste Akira Nishio, soulignent que ce changement de position, influencé par une priorisation apparente des intérêts américains pour le continent américain, pourrait désengager Washington des affaires internationales, notamment en Asie. Le Japan Times note également que Trump appelle à la désescalade des tensions sans apporter un soutien concret au Japon face aux provocations chinoises.
Dans ce contexte d’incertitude, diverses théories suggèrent que Trump pourrait envisager un partage d’influence mondiale avec Pékin, ce qui serait catastrophique pour Tokyo. Nihon Keizai Shimbun met en garde contre une telle éventualité, soulignant la vigilance accrue du Japon face à un éventuel rapprochement entre les superpuissances.
Pour ne pas demeurer inactif, Tokyo est incité à renforcer ses relations avec des démocraties partageant des valeurs similaires, notamment en Europe. L’idée serait de formuler un « troisième axe » regroupant le Japon, les nations européennes ainsi que d’autres alliés tels que la Corée du Sud et l’Australie, pour contrer l’influence de Washington et Beijing. Asahi Shimbun note qu’avec des positions sur la scène internationale convergentes, cette alliance pourrait contribuer à une stabilité accrue.
Il semble donc urgent pour le Japon de réévaluer ses alliances et d’explorer de nouveaux partenariats, non seulement pour naviguer dans un environnement géopolitique incertain, mais aussi pour défendre ses intérêts à long terme face aux défis posés par la Chine.







