Dans un contexte de mobilisation générale, quatre syndicats de médecins en grève ont décidé de décliner une invitation de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à dialoguer ce samedi. Alors qu'une manifestation est prévue à Paris, ces médecins préfèrent se tourner vers le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour exprimer leurs revendications.
La ministre, qui a précédemment occupé un fauteuil de députée macroniste, a proposé une rencontre, désireuse d’ouvrir un dialogue constructif. Toutefois, les syndicats jugent qu'il n'est pas judicieux d'engager des discussions avec une ministre dont l'avenir politique est incertain, avec une élection législative partielle programmée pour le 18 janvier. "À quoi bon dialoguer alors qu’elle risque de ne plus être là dans quelques jours ?", interpelle Jérôme Marty, président de l'Union française pour une médecine libre (UFML), soulignant le sentiment de défiance envers le gouvernement actuel.
Le président d'Avenir-Spé Le Bloc, Vincent Pradeau, a également exprimé les doutes des médecins, soulignant qu'une simple rencontre ne suffira pas à résoudre les problèmes urgents du secteur, notamment un budget de la Sécurité sociale jugé insuffisant et des mesures réglementaires défavorables.
Outre ces préoccupations financières, les médecins libéraux et généralistes dénoncent des tentatives de centralisation des décisions qui entravent leur autonomie professionnelle. La grève, qui a débuté lundi, pourrait entraîner des conséquences supplémentaires sur le système de santé déjà sollicité, exacerbant les tensions au sein des hôpitaux. Selon des statistiques communiquées par l'Assurance maladie, l'activité médicale a chuté de 19 % chez les généralistes depuis le début de la grève, impactant directement les services d'urgences déjà en crise.
Les syndicats ont en effet prévu de continuer leur mobilisation dans les jours à venir et promettent des actions de grande envergure. Les spécialistes de la santé, quant à eux, s'apprêtent à durcir le ton à partir de ce week-end en prenant des mesures plus visibles comme la fermeture de cabinets. Avec une période d'hiver particulièrement rude, marquée par des épidémies de grippe, la situation semble plus préoccupante que jamais. Pour la ministre Rist, il sera crucial de rétablir un climat de confiance avec les médecins, mais pour le moment, les murs érigés entre les syndicats et le gouvernement semblent difficiles à abattre.







