Stéphane Gatignon réussit un retour marqué par les municipales de Sevran, en s'imposant au premier tour avec une avance de seulement 22 voix. Ancien maire de la ville durant 17 ans, il défie son ancien adjoint, Stéphane Blanchet, qui lui succéda. Ce scrutin, marqué par une participation faible, renvoie une image d'un combat serré entre deux figures politiques de la ville.
Dans cette confrontation directe, Stéphane Gatignon (DVG) a obtenu 34,45 % des votes, tandis que Stéphane Blanchet (DVG) a récolté 34,20 %. Tous deux surpassent Philippe Geffroy (LR), qui arrive en troisième position avec 14,51 % des voix, et Sullivan Jous (SE) à 11,31 %. Notons que Florian Mogango (DVG), accumulant 5,52 %, ne franchit pas la ligne d'arrivée et est éliminé.L'issue de ce premier tour laisse présager un second tour intense, si tous les candidats choisissent de se maintenir. Cette élection représente un retour notable de Gatignon, qui avait démissionné en 2018 après une période marquée par des tensions avec l'État, comme l’a rapporté Le Parisien. À l'époque, il avait désigné Stéphane Blanchet comme son successeur.
Le lancement de sa campagne en septembre, accompagné de son livre « l’acte II », marque son retour, qu’il justifie par un mécontentement généralisé vis-à-vis de son ancien protégé. « Mon arrivée en tête face à un élu soutenu par toute la gauche montre un vrai rejet de sa gouvernance », affirme Gatignon, dont les paroles sont soutenues par plusieurs observateurs politiques. Pour lui, la gestion de la ville par l'équipe actuelle a négligé les préoccupations des Sevranais.
De son côté, Stéphane Blanchet n'a pas masqué son étonnement face à cette situation. Il évoque des actes de pression et d'intimidation dans le cadre de la campagne de Gatignon, argumentant qu'il existe un système clientéliste dont il a voulu se défaire. « La violence de la campagne que j’ai subie ne doit pas être ignorée », déclare-t-il, exprimant des réserves sur la légitimité de certains votes.
Gatignon en pourparlers avec son opposant de droite historique
Gatignon, quant à lui, rejette ces accusations et appelle à l’unité des Sevranais pour le second tour, souhaitant reconstruire ce qu'il estime avoir été délaissé. L'enjeu du taux de participation est également sur toutes les lèvres, ce dernier n’atteignant pas les 40 %.
Évoquant les alliances possibles, Blanchet se concentre sur la mobilisation des abstentionnistes, tout en mentionnant l'importance de recueillir des soutiens à gauche. « Sevran doit rester fidèle à ses valeurs de gauche, et je suis déterminé à unir les voix qui comptent », affirme-t-il.
Alors que la situation politique reste fluide, Philippe Geffroy, avec ses 14,51 %, pourrait représenter un atout précieux, avec des discussions en cours tant avec Gatignon qu'avec Blanchet. « Je n'ai pas encore pris de décision », déclare Geffroy, soulignant l’importance de débats futurs sur des thèmes comme la sécurité et la gestion de la ville.
Les résultats préliminaires soulèvent des questions sur l'avenir politique de Sevran, renforçant les tensions et l'incertitude à l'approche d'un second tour qui pourrait redessiner la carte politique locale.







