En dépit de l'absence d'une annonce officielle concernant sa candidature à la présidentielle de 2027, Raphaël Glucksmann, eurodéputé et leader de Place publique, s'efforce de créer une dynamique favorable. Dans la perspective de l'été, il s'apprête à publier un ouvrage intitulé Nous avons encore envie et à organiser un meeting, cherchant ainsi à enterrer l'idée de primaires au sein de la gauche.
« Il est encore trop tôt pour se déclarer candidat », a-t-il affirmé début mai, même si après avoir obtenu près de 13,8 % des voix lors des élections européennes, il envisage sérieusement de formaliser sa candidature en septembre. Ce livre, publié jeudi par Allary Editions, appelle à un « grand sursaut patriotique » et esquisse un « nouveau contrat social, politique, civique et écologique » pour redéfinir l'identité nationale.
Avec une ligne claire socio-démocrate, pro-européenne et écologique, Glucksmann collabore avec des figures comme Yannick Jadot et Boris Vallaud au sein d'une initiative nommée « Construire 2027 ». Leur objectif commun est d'offrir un projet crédible face à la montée de l'extrême droite, qui est perçue comme une menace croissante par plusieurs analystes politiques.
Les membres de cette coalition se réunissent régulièrement, notamment au restaurant parisien Maison Saint-Martin, pour peaufiner leur stratégie. « Chaque rencontre attire de nouveaux visages », se réjouit Yannick Jadot, citant des personnalités du PS et d'autres partis, y compris des communistes, prête à dépasser les rivalités internes face au défi de l’extrême droite.
Pour rendre leur candidature commune acceptable, le programme mis au point jouera un rôle clé. « C'est ceinture et bretelles », explique Jadot, soulignant la nécessité d'une équipe solide capable de gouverner. Les discussions autour d'un accord pour les législatives sont également sur la table.
Les rumeurs laissent entrevoir une adhésion croissante du PS et des écologistes à cette dynamique, progressivement en train de mettre de côté l'idée de primaires, qui était soutenue par des figures comme Olivier Faure. Selon Sacha Houlié, ancien député macroniste, des « indicateurs » montrent que le PS pourrait se ranger derrière Glucksmann.
Dans le même temps, des candidats de la gauche traditionnelle, comme François Ruffin et Fabien Roussel, semblent se heurter à un mur. Un membre proche de Glucksmann a même averti que « si une dynamique à 17-18 % se crée, ils n'auront d'autre choix que de se retirer ». La désignation du “meilleur candidat” interviendra une fois l'équipe bien établie, bien que Glucksmann apparaisse déjà comme le mieux placé dans les sondages.
Un meeting est prévu le 13 juin à Aubervilliers, où il cherchera à convaincre le public de sa détermination. « Ceux qui doutent devront revoir leur opinion », a déclaré Sacha Houlié.
Yannick Jadot a souligné que le véritable moment de rassemblement pour la gauche devrait avoir lieu en septembre, mais il insiste sur la nécessité de s'accorder avant l'été. « Nous ne pouvons pas aborder la rentrée politique dans le désordre », a-t-il ajouté.
Cependant, des sceptiques subsistent, notamment au PS. Un député a souligné que Glucksmann « n'est pas assez préparé » pour affronter des figures de l'extrême droite comme Éric Zemmour, faisant référence à un débat difficile qu'il a rencontré. Par ailleurs, la publication récente d'une note controversée d'un conseiller de Glucksmann, suggérant d'éviter certaines cibles électorales, a suscité des critiques. Glucksmann a rapidement pris ses distances avec cette note.
Dans l’entourage d’Olivier Faure, on se moque aussi de son appel à un « grand sursaut patriotique », soulignant que l'accent mis sur la nation pourrait être perçu comme éloigné des valeurs traditionnelles de la gauche.







