Le 15 mai, Flavie Flament a choqué le monde médiatique en annonçant sa plainte pour viol contre le chanteur Patrick Bruel, évoquant des faits survenus alors qu'elle avait 16 ans. La controverse qui a suivi sur les réseaux sociaux a mis en lumière un véritable stigmate entourant les victimes d'agressions.
Lors d'un entretien avec RTL, elle a révélé qu'elle avait été victime d'autres agressions et a indiqué : "Quand on a été victime une fois de viol, on devient une proie".
Elle souligne que "le plus grand risque pour une personne d'être violée, c'est d'avoir été violée une fois. On est en danger de viol toute sa vie".
Un traumatisme qui agit "des années après"
Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, a également partagé son expérience dans son livre Derrière les arbres, où il raconte avoir subi des abus sexuels durant son enfance. Il souligne la difficulté que rencontrent les victimes pour faire accepter leur réalité, particulièrement lorsqu'elles sont victimes multiples. Le Dr François Louboff, psychiatre, explique que cette revictimisation n'est pas qu'un phénomène personnel mais également probablement influencé par l'entourage et leurs réactions face aux révélations.
Une étude de 2013 indique que la réaction de l'entourage joue un rôle crucial : ceux qui reçoivent un soutien négatif sont exposés à 60% de risques de nouvelles agressions, tandis que de bonnes réactions font chuter ce risque à 20%.
Honte et sentiment de culpabilité
Les victimes développent un stress post-traumatique complexe, perturbant leur perception de soi et leur capacité à évaluer le danger. Le psychiatre souligne que "ces personnes ont des images d'elles très négatives", ce qui les rend vulnérables.
Avec un environnement qu'elles perçoivent comme menaçant, ces victimes deviennent de facile proie dans des situations à risque.
Ressources thérapeutiques
Pour atténuer les effets de ces traumatismes, des thérapies comme l'EMDR ou l'Intégration du Cycle de la Vie sont recommandées. Les thérapeutes encouragent aussi le travail sur l'image de soi et les signaux de danger, car une persistance de honte peut alimenter des comportements autodestructeurs, voire des nouvelles agressions.
Au final, Flavie Flament et Frédéric Pommier rappellent qu'il est crucial d'aborder ces problématiques sans jugement et de reconnaître les luttes des victimes, car le soutien de l'entourage peut faire toute la différence. Une réalité amère qu'il convient d'adresser pour prévenir ces tragédies répétées.







