La cour criminelle départementale de l'Eure a prononcé, ce vendredi soir, une peine de cinq ans de prison dont un an ferme à l'encontre d'un médecin anesthésiste. Celui-ci a été reconnu coupable d'agressions sexuelles, incluant des viols sur deux de ses patientes, commises lors de consultations dans un hôpital privé le 18 juin 2020.
La décision a été rendue après trois jours de procès à huis clos. La cour a précisé que l'exécution des douze mois d'emprisonnement se déroulera à domicile, sous surveillance électronique. Les victimes ont exprimé leurs sentiments de soulagement, Marie, l'une d'elles, a commenté : "C'était dur, mais on s'est accrochées. L'essentiel, c'est qu'on a été entendues."
Emma, également victime, a partagé ses réflexions : " même si on n'est jamais satisfait de la peine, le principal c'est qu'il soit reconnu coupable. Je me sens soulagée et prête à avancer dans ma vie." Ces déclarations témoignent d'une quête de justice et de guérison.
huit ans de prison ferme requis
Lors du procès, l'avocate générale avait demandé une peine de huit ans de prison ferme, ce qui a suscité des réactions dans la sphère juridique. Maître Karine Alexandre a trouvé que la peine prononcée était "assez lunaire", estimant que "ce n'est pas très cher payé pour plusieurs viols". Selon elle, l'affaire représente une trahison de la confiance que la société place dans les professionnels de la santé.
Maître François Delacroix, avocat d'Emma, a également exprimé son désarroi face à la décision : "C'est léger. La cour a reconnu la culpabilité, ce qui est un pas, mais la sanction semble insuffisante compte tenu des faits." L'accusé, qui est âgé de 63 ans, a la possibilité de faire appel dans les dix jours suivant le verdict.
une interdiction définitive d'exercer
La cour a également décidé d'interdire définitivement à l'anesthésiste d'exercer sa profession, une mesure accueillie avec soulagement par les avocats des victimes. Maître Alexandre a souligné que "cette sanction est une protection supplémentaire pour les patientes, évitant ainsi de futures agressions." L'homme ne pourra pas entrer en contact avec ses victimes et devra les indemniser. Le délibéré pour les intérêts civils est prévu pour le 29 juin 2026.
Cet événement, qui a profondément marqué la communauté d'Évreux, soulève d'importantes questions sur la protection des victimes et la confiance envers les professionnels de la santé. La voix des victimes émerge dans un discours sociétal important sur les violences faites aux femmes.







