Mohamed, 38 ans, père de trois enfants, est un artiste peintre en bâtiment, métier reconnu comme étant en tension en France. Originaire d'Égypte et résident de Petit-Quevilly depuis 18 ans, il fait face à une situation particulièrement préoccupante : il a reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) pour la troisième fois en huit ans.
Après avoir d'abord été sanctionné pour l'absence d'emploi déclaré, puis pour la situation administrative de son épouse, le motif actuel réside dans un prétendu manque d'attaches familiales et une accusation de représenter une charge pour la société. Pourtant, son avocate, Me Cécile Madeline, souligne que malgré son intégration, son travail déclaré et sa situation familiale, une inégalité de traitement entre préfectures complique le sort de nombreux immigrés.
"Je ne comprends pas", exprime Mohamed, visiblement accablé. "On me demande de quitter ce pays alors que j'ai une famille, un travail. Que deviendront mes enfants sans moi ?" Son avocate constate que des personnes avec des profils similaires sont souvent régularisées à Paris, tandis qu'à Rouen, le traitement n'est pas le même. "Certains immigrés qui remplissent les conditions sont acceptés, d'autres, comme Mohamed, se voient refuser. C'est incohérent," s'indigne-t-elle.
En parallèle, ils préparent un recours devant le tribunal administratif pour contester cette décision. Me Madeline déclare : "Il est insupportable que des travailleurs comme lui, qui contribuent à la société, soient traités de la sorte. D'autres pays comme l'Italie ou l'Espagne régularisent des centaines de milliers d'immigrés, tandis que la France se complique les choses. C'est une situation absurde."
Cette nouvelle OQTF plonge Mohamed dans l'angoisse, risquant de perdre son emploi en raison de contrôles administratifs. Il explique : "Je me lève chaque matin pour nourrir mes enfants sans rien attendre en retour. C'est injuste qu'on me reproche d'être un poids pour la société alors que je travaille dur." Au milieu de cette lutte pour la régularisation et la sécurité de sa famille, Mohamed demeure déterminé à se battre pour son avenir et celui de ses enfants.
Cette situation met en lumière les lourds défis auxquels font face de nombreux immigrés en France, souvent dévoués à leurs familles et à la société, mais soumis à un système bureaucratique complexe.







