Un audit demandé par l'État est en cours chez Duralex, verrerie installée à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, qui a été reprise en coopérative par ses salariés. En cause : une situation de trésorerie « tendue ».
C'est la situation « tendue » de la trésorerie qui est à l'origine de l'audit demandé par l'État au sein de la verrerie Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin près d'Orléans, a appris l'AFP, confirmant une information de France Inter. Mondialement connue, l'entreprise a été reprise il y a deux ans en coopérative par ses salariés. « Des discussions sont engagées avec l'ensemble des parties prenantes », a précisé le ministère de l'Économie et des Finances, indiquant qu'elles doivent « permettre de voir quelles sont les mesures nécessaires pour préserver » l'activité de l'entreprise, qui emploie 243 salariés.
« La mission interministérielle aux restructurations des entreprises suit l'affaire avec beaucoup d'attention, et un redressement judiciaire n'est pas à exclure », affirme France Inter, citant une source « en haut lieu ». Selon une source proche du dossier à l'AFP, il est toutefois « trop tôt » pour se prononcer sur un éventuel risque de redressement judiciaire. « Il ne semble pas qu'il y ait eu des malversations mais plutôt une gestion hasardeuse », explique cette source.
Le départ précipité du directeur général
Duralex, célèbre pour sa vaisselle réputée incassable, avait officialisé mi-avril le départ de son directeur général François Marciano, figure emblématique de la reprise en coopérative de cette marque. Il a été remplacé par Peggy Sadier, auparavant directrice marketing et commerciale. Depuis, de nombreuses incertitudes entourent la situation de Duralex, qui avait failli disparaître après un redressement judiciaire en avril 2024. Selon La Lettre Valloire, un média économique régional, François Marciano « aurait été brutalement écarté de la direction, tout comme son fils » Antoine Marciano, « qu'il avait propulsé au poste de directeur financier ».
Duralex a été largement perturbée par la flambée des prix de l'énergie, dont elle est dépendante, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Cette fois, les contrats d'énergie ont été « bloqués pour 2026 et 2027 », selon François Marciano.
Le soutien de la Région et de la métropole
Cet automne, la marque avait reçu plus de 20 millions d'euros de promesses d'investissements dans le cadre d'une levée de fonds, destinée à assurer la poursuite de son redressement. François Marciano avait annoncé que le chiffre d'affaires de Duralex devait atteindre cette année 35 millions d'euros pour retrouver l'équilibre financier, avec un objectif de 39 millions d'euros d'ici 2030. Des cibles difficiles à atteindre selon des sources proches du dossier à l'AFP.
La coopérative, validée par le tribunal de commerce d'Orléans en juillet 2024, est soutenue par 60 % des salariés de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin, située près d'Orléans, et a bénéficié de l'appui de la Région Centre-Val de Loire et de la métropole d'Orléans.
Lire aussi







