Le tribunal judiciaire de Paris a entendu, le 22 mai dernier, les plaintes déposées par le maire Edgar Moulin contre l'association Mouv'Enfants et plusieurs médias pour atteinte à sa présomption d'innocence. La décision du tribunal est attendue le 10 juillet.
Âgé de 60 ans, Edgar Moulin a été mis en examen en mai 2025 pour des charges qui incluent, entre autres, le viol sur une personne se livrant à la prostitution, le proxénétisme aggravé et la détention d'images pédopornographiques.
Des mobilisations devant la mairie
L'association Mouv'Enfants, de victimes de pédocriminalité, a organisé une manifestation en février dernier devant la mairie pour s'opposer à sa candidature, brandissant des slogans tels que "Ici, le maire est un tortionnaire". Cette action a été bien relayée par plusieurs médias locaux tels que France 3 Normandie.
En réponse, Edgar Moulin a porté plainte pour atteinte à la présomption d'innocence, ciblant des médias comme Lagardère Media News et Libération. Son avocate a récemment annoncé le retrait de ces plaintes envers certains médias.
"Mouv'Enfants n'a pas affirmé qu'il était coupable, mais a souligné la gravité d'être en examen pour de tels actes tout en étant candidat aux élections," a déclaré Me Mathieu Davy, avocat de l'association.
"Il est choquant de cibler une association de victimes alors qu’on est soi-même mis en examen. M. Moulin est conscient que l'association fonctionne avec des ressources limitées," a-t-il ajouté.
La défense d'Edgar Moulin
Les avocats des médias ont vigoureusement défendu leur position, arguant que cette affaire est d'intérêt général et essentielle au débat démocratique. Selon l'avocate d'Edgar Moulin, Anne Robin, son client conteste fermement tous les faits, excepté avoir eu des relations avec des prostituées rencontrées en ligne.
Il affirme que sa présomption d'innocence a été continuellement violée par les accusations publiques, qui l'ont amené à recevoir d'innombrables insultes. En attendant un éventuel procès, Edgar Moulin demeure présumé innocent.
Avant l’audience, une quinzaine de militants de Mouv'Enfants ont manifesté devant le tribunal, arborant des pancartes dénonçant la situation, avec des slogans comme "Honte à Edgar Moulin" et "Stop à l'exploitation sexuelle".







