Après une première tentative avortée en avril, les enquêteurs ont finalement pu procéder à une perquisition au palais de l'Elysée le 21 mai. Cette enquête concerne l'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon, un événement hautement symbolique, et constitue une première depuis l'affaire Benalla de 2018.
Le Parquet national financier (PNF) a confirmé ces opérations à l'AFP en précisant qu'elles sont liées à une information judiciaire visant notamment les conditions d'attribution de marchés publics pour les cérémonies organisées par le Centre des monuments nationaux (CMN). Selon des sources proches du dossier, ces enquêtes s'inscrivent dans un cadre plus large axé sur le favoritisme et les prises illégales d'intérêt.
Lors de la première perquisition le 14 avril, les enquêteurs n'avaient pas pu accéder à l'Elysée en raison des restrictions imposées par l'article 67 de la Constitution, qui protège la présidence de la République. Ce dernier stipule que le président n'est généralement pas responsable des actes effectués dans l'exercice de ses fonctions.
La situation a cependant évolué lors de cette récente perquisition, alimentant les soupçons sur les transactions entourant les cérémonies de panthéonisation. En effet, la société Shortcut Events, qui organise ces événements depuis 2002, est sous le feu des projecteurs. D'après Le Canard Enchaîné, chaque cérémonie aurait coûté environ 2 millions d'euros à l'État, soulevant ainsi des questions sur le choix de l'agence, qui a systématiquement remporté les appels d'offres lors de la présidence d'Emmanuel Macron.
L'enquête vise des aspects délicats de l'attribution de ces marchés, notamment dans le cadre de l'hommage à des figures illustres comme Missak Manouchian. La révélation selon laquelle le CMN a attribué la cérémonie de Robert Badinter à une autre agence en 2025 pourrait indiquer une montée de la concurrence dans ce secteur.
Les enquêtes sont gérées par la Brigade financière et anticorruption de la police judiciaire parisienne, qui avait déjà démarré une enquête préliminaire en décembre 2023. Certains experts estiment que cette perquisition pourrait renforcer les inquiétudes quant à la gestion des finances publiques et la transparence des opérations gouvernementales.
La dernière perquisition au palais de l'Elysée datait du 25 juillet 2018, liée à l'affaire Benalla, où Alexandre Benalla avait été mis en examen pour des violences lors d'une manifestation. Cette nouvelle investigation remet donc en lumière des questions de responsabilité et de gouvernance au plus haut niveau de l'État.







