C'est officiel : Gabriel Attal a déclaré vendredi sa candidature à la présidentielle, espérant succéder à Emmanuel Macron, malgré une tension palpable entre eux depuis la dissolution de l'Assemblée nationale. Situé à Mur-de-Barrez en Aveyron, l'acte symbolique a lieu lors d'un débat citoyen organisé par le maire Renaissance Pierre Ignace, devant un public d'une centaine de personnes.
« J'ai une conviction forte : nous avons encore tant de belles pages à écrire », a affirmé M. Attal sous un soleil éclatant. Il a également souligné sa volonté de rétablir la « promesse de l'élévation », tant au niveau individuel que collectif. « Je suis déterminé à agir pour apaiser et renouer avec un optimisme nécessaire », a-t-il ajouté.
En pleine dynamique de campagne, Gabriel Attal a déjà publié un livre et se livre à une série de déplacements et réunions publiques, accentuant ainsi la compétition interne au sein du groupe macroniste. Édouard Philippe, président d'Horizons, a déjà annoncé sa candidature pour septembre 2024, témoignant de l'âpreté de cette primaire.
Une compétition qui pourrait mener à un ralliement stratégique en 2027, face à la menace croissante du Rassemblement national, qui monopolise les sondages. A un an des élections, la droite peine à désigner son candidat, tandis que Marine Le Pen attend une décision cruciale de la Cour d'appel quant à son statut, après la controverse des assistants parlementaires européens, dont le verdict est attendu le 7 juillet.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon a prévu de se présenter pour la quatrième fois, tandis que le camp social-démocrate montre des signes de division, allant de François Hollande à Bernard Cazeneuve.
Gabriel Attal, souvent qualifié de « clone » d'Emmanuel Macron, vise à battre le record de la présidence à 38 ans. La succession, bien que convoitée, se déroule sous un climat désenchanté, les relations entre les deux hommes s’étant détériorées après la dissolution de l’Assemblée.
– Une campagne en continu –
Ayant pris les rênes du groupe macroniste à l'Assemblée, Gabriel Attal s'impose sans réelle opposition, cultivant son image tout en risquant de perdre certains soutiens, comme Élisabeth Borne, qui a récemment quitté les instances dirigeantes.
Sa candidature lancée au cœur d'un village vise à contrecarrer son image d’« enfant gâté » des beaux quartiers parisiens. M. Attal n’hésite pas à rappeler que « la politique se construit au contact des Français », un message fort délivré lors de son débat sur des sujets cruciaux tels que l’éducation ou l’intelligence artificielle.
Après sa déclaration, il a participisé à un repas traditionnel, symbolisant son engagement à se rapprocher des territoires. « Parler de la France et de ses traditions depuis l'intérieur, surtout pour Gabriel, est fondamental », affirme un de ses fidèles soutiens.
Alors qu'Édouard Philippe prévoit un meeting le 5 juillet et ne dévoilera son programme qu'à l'automne, les équipes de Gabriel Attal s'emploient à établir un cycle électoral dynamique avec une série de déplacements et d’annonces stratégiques. Un grand meeting est prévu le 30 mai à Paris, avec la présence engageante de figures essentielles de la macronie, bien que certaines hésitations soient déjà remarquées.







