En à peine deux mois, les nouveaux maires du Rassemblement national (RN) ont su se faire remarquer par leurs décisions audacieuses. En supprimant des symboles comme les drapeaux européens et en s’attaquant à la culture, ils créent des vagues au sein du parti, suscitant inquiétudes et critiques.
À peine élus fin mars, certains de ces nouveaux édiles ont immédiatement enlevé le drapeau bleu étoilé du fronton de leur mairie. "Dehors les drapeaux européens!", s'est exclamé Christophe Barthès à Carcassonne, imité plus discrètement par Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer et Anthony Garénaux-Glinkowski à Harnes. Ces actions audacieuses marquent une rupture avec une approche plus modérée de la direction du parti.
Jordan Bardella, eurodéputé et figure du RN, a tenté de prendre ses distances, affirmant que chacun doit assumer ses décisions. "C'est de leur responsabilité, ils ne sont pas sous ma tutelle", a-t-il expliqué. Néanmoins, il a aussi souligné que, si le RN accédait au pouvoir, il n'hésiterait pas à ne laisser que le drapeau français à l’Élysée et à Matignon.
Loin de se soucier des critiques, d’autres maires poursuivent sur cette lancée. À Liévin, Dany Paiva a choisi d'annuler la cérémonie du 1er Mai, reprochant aux syndicats d'utiliser cet événement pour des motifs politiques. Même au cœur du bassin minier, une région traditionnellement ancrée dans la culture syndicale, il a insisté sur le fait que cela était "inapproprié".
Des acteurs du RN se montrent partagés. Certains maires, comme Célia de Montalieu, craignent que ces controverses nuisent à l'image du parti, surtout à l'approche des prochaines élections. "Il faut veiller à ne pas donner l'impression que la liberté syndicale est en danger sous notre gouvernance", a averti un député. Malgré cela, certains élus poursuivent leurs désaccords avec détermination, comme Barthès, qui entend retirer les syndicats de la bourse du travail de Carcassonne.
Au-delà des drapeaux et des syndicats, la culture est également au cœur des tensions. À Bagnols-sur-Cèze et à La Flèche, des subventions aux associations ont été réduites, tandis que le festival de cinéma et des concerts gratuits à Agde ont été annulés. Le choix du maire d'Hénin-Beaumont d'inviter le chanteur Jean-Luc Lahaye, condamné pour des délits sexuels, a également soulevé des doutes parmi les membres du parti.
Alors que la tensions monte au sein du RN, certains membres rejettent la responsabilité sur les médias, dénonçant un traitement disproportionné de leurs décisions. Un parlementaire a exprimé son ressentiment face à ce qu'il considère comme une exagération des polémiques, affirmant que le moindre acte est monté en épingle.
Au fur et à mesure que la liste des controverses s’allonge, il est clair que ces nouveaux maires du RN, avec leurs choix audacieux et leur approche disruptive, redéfinissent le paysage politique français tout en posant la question de la direction future du parti. À l'heure où la campagne présidentielle se profile, leurs décisions sont scrutées de près, et les répercussions se feront sans doute sentir lors des prochaines élections.







