Dans une ambiance à la fois intime et solennelle, Gabriel Attal, ex-premier ministre et député de Vanves, a officialisé sa candidature à la présidence de la République lors d'un débat citoyen à Mur-de-Barrez, un charmant village de l'Aveyron. Ce 22 mai, devant une centaine de villageois et de dignitaires locaux, Attal a prononcé les mots qui marquent le début de sa campagne : "J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République".
Accompagné par Pierre Ignace, le maire de la commune, Attal a voulu établir un lien direct avec la ruralité, affirmant son intérêt pour une France qui se sent souvent oubliée. "Bienvenue dans cette ruralité française", a souligné le maire, évoquant les défis que rencontrent ces territoires éloignés des centres urbains. En marge de cet événement, des agriculteurs ont partagé leurs préoccupations avec le candidat.
Bien que sa déclaration ait semblé spontanée, elle avait été minutieusement préparée. Attal, qui préfère les interactions directes avec les citoyens, évite d'autres formats médiatiques plus traditionnels. "Il s’est 'chiraquisé' et 'castexisé'", observe un de ses conseillers, Patrick Vignal, en évoquant ses efforts pour rétablir une connexion avec le cœur de la France.
Sa stratégie est clairement définie, articule Attal autour de plusieurs séquences de communication. Récemment, il a publié un livre intitulé En homme libre, vendu au chef de l'État, et planifie une série de distributions de tracts et affiches pour augmenter sa visibilité avant son grand meeting parisien prévu le 30 mai.
Lors de sa rencontre avec les habitants, Attal a défini ses priorités : l'éducation nationale, qu’il juge centrale, ainsi que la nécessité de gérer l'intelligence artificielle. Ce dernier point est présenté non pas comme une menace, mais comme une opportunité à maîtriser via des formations pour 20 millions de travailleurs. Il a également souligné l'importance d'un accès universel aux soins, et a évoqué une réforme des retraites, souhaitant un système sans âge de départ légal.
Ce vendredi, il a prévu de traverser la vallée du Lot pour visiter le viaduc de Millau, suivi d'une participation à une fête de la transhumance dans l'Aubrac, avant de se rendre au marché de Rodez. Pour Attal, le compte à rebours vers une campagne active est lancé, promise d'être "positive, dynamique et permanente". L’heure est à rassembler les électeurs, alors qu'il doit faire face à la concurrence d'autres figures émergentes comme Édouard Philippe.
Avec ses conseillers, Attal a établi l'idée qu'il doit incarner un changement. "Le monde a changé. Si Macron se représentait, il devrait proposer un programme de rupture", a-t-il affirmé, préparant le terrain pour une campagne distincte de celle de son prédécesseur, alors que des comparaisons inévitables avec lui continuent d’angoisser ses proches.







