À qui ira la convoitée Palme d'or ? Alors que le 79e festival de Cannes touche à sa fin, l'annonce du palmarès prévue pour ce soir promet d'être riche en surprises. La compétition a été haletante, offrant un miroir varié du cinéma moderne en temps de crise.
Sous la présidence du réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, le jury, qui se réunira à partir de 20H15, devra choisir le successeur d'"Un simple accident" de Jafar Panahi, couronnée Palme d'or 2025. Les 22 films en compétition offrent un vaste choix d'œuvres allant de la critique sociale à l'expérimentation artistique.
Le jury pourrait donner un poids politique à son choix en récompensant "Minotaure" d'Andreï Zviaguintsev, un film sur la société russe confrontée à la guerre en Ukraine. Les audaces narratives de "La bola negra", une fresque queer espagnole, pourraient également séduire, tout comme le classicisme raffiné de "Paper Tiger" du talentueux James Gray.
"Je crois que les récompenses devraient aller à des œuvres qui perdureront au fil des décennies," a confié Park Chan-wook à l'AFP peu avant le début du festival, qui a démarré le 12 mai.
D'autres films se sont illustrés tout au long du festival. Cristian Mungiu, avec "Fjord", explore le paradoxe des sociétés affichant une tolérance illusoire, tandis que "Hope", un ovni sud-coréen, a su capter l'attention dans un festival où les productions hollywoodiennes sont absentes cette année.
En plus de la Palme d'or, d'autres distinctions seront attribuées, récompensant l'interprétation, le scénario ou encore la mise en scène. C'est l'actrice Tilda Swinton qui procédera à la remise du prix phare. D'autres membres éminents du jury, comme Demi Moore et Chloé Zhao, sont également attendus sur le tapis rouge.
Les discussions au sein du jury sont souvent complexes. Un ancien juré, souhaitant garder l'anonymat, se souvient : "Il y a des arrangements pour s'accorder sur un film, bien que ce ne soit pas une science exacte." Cela montre à quel point la compétition peut être ouverte.
Si l'an dernier, "Un simple accident" était considéré comme le grand favori, la lutte pour cette année est beaucoup plus incertaine. Du côté des performances, Renate Reinsve et Sebastian Stan, du film "Fjord", s'affirment comme de sérieux concurrents. Javier Bardem brille également dans la peau d'un réalisateur cherchant à renouer avec sa fille dans "L'Etre aimé". De son côté, Swann Arlaud a marqué les esprits avec "Notre salut," un portrait poignant d'un fonctionnaire sous le régime de Vichy.
Le festival a été le théâtre d'une vive controverse, alimentée par une tribune pétitionnant contre Vincent Bolloré, actionnaire de Canal+. Maxime Saada, président du groupe, n’a pas caché son indignation et ses intentions de ne plus collaborer avec les signataires de cette lettre ouverte. Cela soulève des questions sur une potentielle "liste noire" dans un domaine où Canal+ demeure un acteur clé du financement.
Depuis, une vague de soutien a afflué, avec près de 4.000 nouvelles signatures, dont celles de figures internationales comme Javier Bardem et Ken Loach, même si les soutiens français sont plus rares. Ce matin, la Ligue des droits de l'Homme et la CGT Spectacle ont annoncé une action judiciaire contre Canal+, dénonçant une discrimination envers les signataires.
Bien que la CGT ait précisé qu’aucune action spectaculaire n'est prévue pour la cérémonie de ce soir, elle a encouragé les artistes à s'exprimer sur la question lors de cet événement prestigieux.







