Le tribunal correctionnel de Nanterre est sur le point de rendre son verdict jeudi après-midi concernant l'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, qui fait face à des accusations de détournement de fonds publics et d'emploi fictif.
Le parquet a requis une peine de dix-huit mois de prison ferme, accompagnée d'une amende de 350 000 euros et d'une interdiction d’inéligibilité pendant dix ans dans le premier dossier. Ces réquisitions témoignent de la gravité des actes reprochés.
Patrick Balkany, âgé de 77 ans, est accusé d'avoir détourné les fonds d'une association subventionnée par la municipalité, la Codeeil, pour favoriser son ancien directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020.
Dans le second dossier, débattu au tribunal pendant trois jours, la peine demandée s'élève à un an de prison ferme et 150 000 euros d'amende pour avoir utilisé des policiers municipaux à des fins personnelles, notamment comme chauffeurs privés, entre 2010 et 2015.
L'audience avait été marquée par des échanges tendus, entraînant une suspension après des propos de M. Balkany jugés proches de l'outrage par la présidente du tribunal, Céline Ballerini. Le procureur a décrié la situation, qualifiant M. Balkany de « démiurge omnipotent » qui a détourné des agents pour les transformer en « larbins ». Ces mots ont frappé l'opinion publique et les observateurs de la scène politique.
L'avocat de Patrick Balkany, Me Robin Binsard, a plaidé pour une relaxe, dénonçant une « purge » et soulevant des questions sur la solidité des preuves présentées par l'accusation. Les tensions autour de cette affaire sont palpables, reflétant les clivages au sein de la classe politique.
Rappelons que M. Balkany a déjà été condamné dans d'autres affaires, notamment en 2023 avec son épouse, pour avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. En avril, la cour d'appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison qui lui restent à purger.
Son parcours est caractérisé par de nombreux rebondissements: il a purgé cinq mois d'incarcération entre 2019 et 2020, suivis de six mois supplémentaires en 2022. De plus, sa tentative de retour sur la scène politique a connu un échec retentissant lors des élections municipales de mars, où la liste qu'il soutenait a recueilli seulement 7,4 % des voix, loin derrière la maire sortante Agnès Pottier-Dumas, réélue dès le premier tour.







