Maël Le Lagadec, un jeune passionné de montagne âgé de 18 ans, a entrepris le 30 mai 2026 de fixer une nouvelle croix en bois au sommet de l'Aneto, point culminant des Pyrénées, après qu'un acte de vandalisme a détruit l'ancienne croix, installée depuis plus de 70 ans. Une enquête pour établir les faits est ouverte.
« Cela me tenait à cœur de finir ce que j’avais commencé. » Samedi, Maël, accompagné d’un ami, a réussi sa mission, portant sur ses épaules la croix qu'il a sculptée avec soin deux semaines auparavant. « À ceux qui s'attaquent à nos symboles, je veux montrer ma détermination à remettre ces éléments en place. »
Depuis mi-avril, ce qui est désormais désigné comme la « guerre des croix » par la presse régionale a suscité une grande attention. Le modèle original, en métal, a été sectionné avec une meuleuse, déclenchant l’ouverture d’une enquête par les autorités espagnoles.
Maël, passionné d’alpinisme, a créé la nouvelle croix en bois de noyer qu'il a décorée de fleurs de lys, symboles de l’histoire et des racines culturelles. Après une ascension épuisante de huit heures, il a dû faire face à des conditions difficiles, ne pouvant arrimer la croix au sol en raison de la neige. « J’étais épuisé, mais la satisfaction de voir mon œuvre au sommet était incommensurable. »
L’épreuve physique « la plus difficile » d’une vie
La croix est désormais solidement installée près d'une statue de la Vierge. Cependant, au deuxième passage, Maël réalise que, à cause de la neige, il ne peut pas la fixer au sol comme prévu. « J'ai utilisé des clous et des tiges en acier pour la maintenir en place, puis j’ai scellé le tout avec de gros rochers afin de dissuader toute tentative de retrait. », explique-t-il. Le socle de l'ancienne croix a été préservé pour les besoins de l'enquête.
Les médias locaux soulignent l’exploit réalisé par le jeune alpiniste, et sa détermination a attiré l’attention des internautes, qui ont même lancé une cagnotte pour soutenir ses futurs projets. « J’ai appris l’humilité et le dépassement de soi », déclare-t-il, conscient des défis physiques qu'il a surmontés. « Cela a été l’épreuve la plus difficile de ma vie, et je suis fier de ce que j’ai réalisé. »
Pour Maël, ces croix sont avant tout des repères pour les alpinistes et un héritage à préserver. Toutefois, elles soulèvent des débats sur l'usage de symboles religieux dans les espaces naturels, en accord avec la loi de 1905 qui interdit leur installation sur des propriétés publiques.
Face aux critiques sur la dimension religieuse de son entreprise, Maël déplore qu’un tel vandalisme reflète une « haine sur des objets qui n’ont rien demandé ». Il invite chacun à « s’informer sur l’importance historique de ces croix et à protéger notre patrimoine », soulignant que son initiative s’inscrit dans une démarche de restauration.







