Merwane Benlazar, humoriste controversé, s'est récemment retrouvé au centre d'une tempête médiatique après ses déclarations sur France Inter. Lors de l'émission Zoom Zoom Zen, il a suggéré que les médias devraient suivre l'exemple des « cordons sanitaires » instaurés par certains médias belges, visant à exclure les discours extrémistes. « Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées », a-t-il affirmé, provoquant l'ire de nombreux commentateurs politiques.
Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons, a qualifié cet appel à la censure d'« inacceptable » : « Votre appel à la censure politique est grave, surtout sous couvert d’humour », a-t-il dénoncé. Cette réaction a mis en lumière un débat déjà brûlant en France sur la responsabilité des médias lorsqu'il s'agit d'inviter des personnalités aux propos jugés contestables.
Benlazar a argumenté que trop souvent, les médias donnent une tribune à des personnalités aux avis nationalistes sans filtrage, mettant en danger le discours public. « À quel moment est-ce devenu acceptable de recevoir tout le monde ? Mais quel est le message envoyé ? », a-t-il questionné, incitant les médias à faire preuve de discernement.
Les propos de l'humoriste rappellent les inquiétudes exprimées par de nombreux analystes et journalistes. En effet, certains soutiennent que donner une plateforme à l'extrême droite équivaut à normaliser des idées dangereuses. La RTBF en Belgique, par exemple, a choisi de ne pas diffuser directement le discours d'investiture de Donald Trump en raison de ses propos jugés racistes et xénophobes, une décision qui avait aussi suscité la controverse.
En réaction à cette situation, des experts en communication, tels que la sociologue Marie-Pierre Derrien, estiment que « les médias ont une obligation éthique de ne pas donner une voix à ceux qui prônent la haine et la division ». Cette réflexion soulève la question de savoir comment équilibrer liberté d'expression et responsabilité de la presse.
Enfin, Merwane Benlazar, confronté à ces polémiques, se positionne en défenseur d'un discours critique. « Je souhaite un débat ouvert, mais aussi respectueux et responsable », a-t-il déclaré, tout en continuant de susciter des réactions vives dans la sphère publique.







