Qui sera couronné meilleur apprenti boucher de France ? Lors d'une première manche décisive en Sarthe, sept candidats ont démontré leur savoir-faire dans l'arène du concours. Une compétition qui revêt une importance particulière dans un département où la demande de bouchers ne cesse de croître.
Quatre heures d'épreuves, un stress palpable et une détermination à toute épreuve : ces élèves de deuxième année de CAP Boucher n'ont pas hésité à se lancer dans cette première épreuve de leur vie professionnelle. Le prestigieux titre de meilleur apprenti de France est un défi qu'ils souhaitent relever, si précieux pour leur avenir dans le métier.
Thierry Morin, boucher reconnu et meilleur ouvrier de France, les encourage avec un conseil pragmatique : "Ne vous prenez pas la tête avec l'araignée, vous ne l'enlevez pas [...]" Cette approche dénote une volonté de se concentrer sur l'essentiel : la précision dans la découpe et la présentation des produits. Sous l'œil avisé d'un jury de professionnels, il est impératif pour ces jeunes de maîtriser les techniques essentielles telles que le désossage, l'épluchage et le ficelage.
Thierry poursuit : "Il s'agit vraiment de la technicité de la boucherie. C'est un test grandeur nature avant leur CAP dans cinq mois." C'est donc une évaluation adéquate de leurs compétences actuelles. Une fois la matinée écoulée, le résultat tombe : Mathis, un jeune Sarthois, est élu vainqueur du concours départemental.
Surpris, il avoue avoir ressenti de la panique durant l’épreuve, mais une pensée positive l’a aidé à se ressaisir : "Je me suis dit, je n'ai rien à perdre, donc je fonce." Cela témoigne de la détermination et du courage de ces jeunes talents, essentiels pour préserver la tradition artisanale. Selon Philippe Foucault, également boucher charcutier, "C'est pour la relève de nos boutiques. Si nous ne formons pas les jeunes, qui prendra en charge nos commerces ?" Cette résonance fait écho à la réalité en France, où l’on estime qu’il manque environ 5000 professionnels qualifiés dans le secteur.
Mathis peut désormais se préparer pour le prochain concours régional qui aura lieu le 9 mars, tout en savourant cette précieuse victoire, reflet d’un avenir prometteur pour sa carrière. Un effort collectif est en jeu : succès des candidats, pérennité des métiers de bouche, et satisfaction des clients, tant dans les boutiques que sur les marchés.







