Le redémarrage de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, située au Japon et classée comme la plus vaste du monde, a été retardé en raison d'un dysfonctionnement technologique. Cette mise hors service, qui fait suite au désastre de Fukushima en mars 2011, a suscité de vives inquiétudes au sein de la population locale, déjà préoccupée par la sûreté nucléaire.
Tokyo Electric Power Company (Tepco) a annoncé que l'évaluation de l'équipement de la centrale nécessiterait un délai supplémentaire d'un à deux jours. Ce redémarrage, initialement prévu pour mardi, a été suspendu après que des alarmes sur l’un des réacteurs ont signalé des anomalies. Bien que ce problème ait été rapidement résolu, des vérifications approfondies doivent être effectuées. Un porte-parole de Tepco, Isao Ito, a déclaré à l'AFP que les autorités seraient informées des circonstances entourant l'incident avant toute reprise de l'activité de la centrale.
Ce contexte fait écho aux craintes persistantes des citoyens. En effet, environ 50 manifestants ont exprimé leur opposition au redémarrage devant le siège de Tepco à Tokyo, revendiquant davantage de transparence et d'investigation. Takeshi Sakagami, président du Citizens' Nuclear Regulatory Watchdog Group, a déclaré : "Tepco se contente d'évoquer un possible retard. Ce n'est pas suffisant. Une enquête complète est nécessaire, et si une faille majeure est confirmée, le réacteur devrait être définitivement arrêté."
Malgré ces inquiétudes, la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a affirmé son soutien en faveur de l'énergie nucléaire, considérée comme essentielle pour réduire la dépendance du Japon aux combustibles fossiles et atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
À ce jour, 14 réacteurs nucléaires ont réussi à redémarrer au Japon après la rigoureuse mise à jour des normes de sécurité instaurées après Fukushima. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui couvre une superficie de 400 hectares sur la côte de la mer du Japon, représente un enjeu stratégique pour répondre à la demande croissante d'électricité, en particulier à l'ère de l'intelligence artificielle, Bloomberg souligne.
Ce redémarrage symbolise également le premier pas de Tepco pour restaurer sa crédibilité après l’incident de Fukushima.







