Les pays européens, inquiets des déclarations du président américain Donald Trump concernant le Groenland, ont manifesté leur détermination à faire front commun. Lors d'une réunion d'urgence à Bruxelles, les huit nations ciblées par des menaces de surtaxes douanières ont affirmé leur souhait de répondre de manière coordonnée. Emmanuel Macron a évoqué l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE en cas de nouvelles taxes.
Cette réunion, bien que sans décisions immédiates, a permis de discuter des implications potentielles d'une escalade économique. Lars Lokke Rasmussen, ministre danois des affaires étrangères, a mis en garde contre un "risque d'engrenage dangereux" dans les relations transatlantiques. Il a précisé que cette menace ne servirait qu'à saboter les liens historiques entre l'Europe et les États-Unis, deux alliés au sein de l'OTAN.
Des leaders comme Giorgia Meloni, Première ministre italienne, ont récemment échangé avec Trump pour lui faire part des inquiétudes croissantes en Europe. En effet, ses récentes déclarations – notamment sur l'intention d'acquérir le Groenland – ont été perçues comme un retour à une diplomatie d'un autre âge, rappelant les rivalités du passé.
Les pays concernés – le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni – s'accordent à défendre leur souveraineté face à ces provocations. Une attitude unie qui s'illustre par de récentes manifestations en faveur de l'autonomie du Groenland, avec des slogans tels que "le Groenland n'est pas à vendre" résonnant dans les rues de Copenhague et Nuuk.
Un sondage récent révèle que 85 % des Groenlandais sont opposés à un rattachement aux États-Unis. Ce rejet est renforcé par le fait que, depuis la prise de fonction de Trump, la question de l'Arctique est devenue un point focal des tensions géopolitiques, exacerbées par les ambitions territoriales croissantes de la Chine et de la Russie dans la région. Le Monde rapporte qu'une telle situation pourrait avoir des répercussions sérieuses sur l'OTAN, mettant à jour des fractures historiques au sein de l'alliance.
Pour le moment, les pays européens analysent d'autres options de réponse, y compris la réactivation de sanctions économiques contre les États-Unis, à la lumière des déclarations provocatrices de Trump. Ces mesures, déjà en préparation, pourraient inclure des surtaxes sur un large éventail de produits américains, face à ce qu’on appelle l'"arme économique" de l'instrument anti-coercition, selon les termes de Valérie Hayer, eurodéputée.
Alors que la tension monte, l'avenir des relations transatlantiques semble incertain. Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, a récemment affirmé avoir discuté de la situation avec Trump, sans toutefois fournir de détails sur des avancées concrètes. À mesure que cette affaire évolue, il est clair que l'unité européenne sera mise à l'épreuve dans ce nouveau chapitre de la diplomatie moderne.







