La station suisse, habituellement synonyme d’hivernage et de ski, devient cette année le théâtre d'enjeux économiques cruciaux. Le Forum économique mondial, qui se déroule du 19 au 23 janvier, accueille environ 3000 participants, dont 850 dirigeants d'entreprises majeures. L'événement, né en 1971, est traditionnellement un point de rencontre pour discuter de la conjoncture mondiale et de la gestion collective des conflits économiques.
Cependant, cette édition s'ouvre sur un climat de tension palpable après les récentes menaces de Donald Trump concernant des droits de douane. Lors de son discours prévu le 21 janvier, le président américain devrait aborder non seulement les enjeux commerciaux mais également la question du logement aux États-Unis. Nous voulons garantir que chaque Américain puisse accéder à la propriété,
a-t-il déclaré, une promesse qui résonne particulièrement dans le cadre des élections de mi-mandat de 2026.
Christian de Boissieu, professeur émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, souligne que l'unilatéralisme de Trump
contrebalance une tendance vers le multilatéralisme qui avait été au cœur des débats économiques globaux. Ce retour en arrière pourrait avoir des conséquences néfastes, notamment pour les alliés de l'Otan, qui craignent de nouvelles surtaxes. Emmanuel Macron, quant à lui, a promis une réaction unie de l’Union européenne face aux menaces de Trump sur le Groenland.
Les experts prévoient que ces nouvelles tensions commerciales pourraient aggraver l'inflation aux États-Unis, une situation délicate alors que la croissance mondiale est prévue à 3,1 % selon le FMI. Les droits de douane pourraient se faire sentir dans l'économie américaine à long terme,
rappelle Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au cabinet BDO France. L’impact de ces tensions pourrait également réduire la dynamique d’investissement, notamment dans des secteurs clés comme l’intelligence artificielle.
En dépit de ces défis, le Forum de Davos reste un lieu privilégié pour des échanges informels et des discussions qui pourraient, espérons-le, favoriser une reprise du dialogue. Restons attentifs à la trajectoire que prendra cet événement, et aux conséquences qu’il pourrait engendrer sur le tissu économique mondial.







