Dans une initiative audacieuse, Renault a signé un contrat pour la production de drones de combat, s'associant au groupe industriel Turgis Gaillard pour un projet ambitieux d'un milliard d'euros s'étalant sur une décennie. Le ministère des Armées a demandé la fabrication de plusieurs milliers de drones dans un délai très court.
Lors d'une allocution donnée le 6 juin 2025 au Musée du Débarquement d'Utah Beach, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a révélé ce partenariat singulier : « Une grande entreprise produisant des voitures françaises, sans que je mentionne son nom, s'associera à une PME de défense pour armer des lignes de production en Ukraine afin de générer des drones. »
Selon des informations rapportées par L’Usine nouvelle, Renault mobilisera ses usines du Mans et de Cléon pour produire ces aéronefs. Le drone, qui est en cours de développement, serait doté de munitions à longue portée et pourrait également être employé pour des missions de renseignement.
Le projet « Chorus » : une collaboration innovante avec Turgis Gaillard
Des informations recueillies par L’Usine nouvelle indiquent que Turgis Gaillard a conçu la première version du projet Chorus. Bien que cette entreprise, comptant 400 salariés, se spécialise dans des programmes de niche, elle est désormais impliquée dans un projet clé, la conception du drone Aarok, un remplaçant du MQ-9 Reaper fourni par les États-Unis. Cette initiative vise à réduire la dépendance française à l'égard de modèles étrangers.
Dans le cadre du Pacte drones lancé par la DGA, Renault s'engage à fournir une assistance logistique en mettant à disposition des matériaux tirés de ses propres véhicules. Le résultat ? Un système aérien mesurant environ dix mètres de long pour huit mètres de large, capable d'atteindre des vitesses de 400 km/h et de voler à 5 000 mètres d'altitude.
Lors de ses vœux aux armées le 15 janvier, le Président Emmanuel Macron a souligné que la France accusait un retard dans le domaine des drones, insistant sur le risque que le pays soit évincé du marché. Il a ajouté que les délais actuels pour le développement de nouvelles capacités sont de cinq à sept ans. Avec ce nouveau projet, l'objectif est d'accélérer la production en tirant parti des innovations et de la dynamique sur le théâtre ukrainien.







