Les patients français peinent à obtenir un rendez-vous médical, selon le troisième baromètre de la Fédération hospitalière de France (FHF) publié récemment. L’étude révèle que le temps d'attente pour consulter un médecin généraliste a triplé en l'espace de sept ans, passant de 4 à 12 jours. Ce constat a été largement relayé par France Bleu, qui souligne l'importance de cette hausse alarmante.
Cette moyenne cache des disparités significatives selon les régions. Dans la plupart des départements, les patients doivent patienter jusqu'à deux semaines, à l'exception de zones comme la Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France. Ironiquement, malgré des délais relativement favorables en Nouvelle-Aquitaine, 66 % des habitants affirment avoir renoncé à des soins au cours des cinq dernières années, un chiffre comparable à ceux du Centre-Val-de-Loire (65 %) et de l’Occitanie (62 %).
Des délais variables selon les spécialités
En ce qui concerne les spécialistes, la dermatologie se révèle particulièrement chargée, avec une attente moyenne de quatre mois et demi. Les cardiologues et les médecins ORL suivent, avec respectivement un mois et trois semaines, et deux mois et dix jours d'attente. Les ophtalmologistes et pédiatres, quant à eux, semblent afficher une légère amélioration, offrant des délais de 3 semaines pour les pédiatres, une baisse notable par rapport à 2019.
Dans certaines régions, comme la Normandie, les délais d'attente pour consulter un dermatologue atteignent jusqu'à 24 semaines. Pour la cardiologie, il faut attendre 18 semaines en Centre-Val-de-Loire, tandis que l'Auvergne-Rhône-Alpes présente des délais plus courts, à 11 semaines.
Un tournant vers les urgences
Ce constat alarmant a incité de nombreux Français à se tourner vers les services d'urgences, même pour des problèmes non urgents. Selon une enquête récente, 49 % des sondés ont eu recours aux urgences pour des maux mineurs l'année passée. Ce changement de comportement conduit à des retards de prise en charge, exacerbés par un manque de médecins à l'hôpital. En outre, 73 % des patients confirment avoir renoncé à au moins un acte médical durant les cinq dernières années.







