Composter est une démarche essentielle pour réduire les déchets organiques, tout en créant un amendement naturel nutritif pour le jardin. Cependant, le processus de compostage peut parfois dégager de mauvaises odeurs, révélant un déséquilibre dans la décomposition. Éviter ces nuisances n'est pas sorcier, mais nécessite une bonne compréhension des mécanismes biologiques. Voici sept conseils simples et efficaces pour contrôler les odeurs tout en favorisant une décomposition optimale.
1 - Maintenir un équilibre carbone/azote
Le secret d'un compost inodore réside dans l'harmonie des matières utilisées. Les matières riches en carbone (les "brunes"), comme les feuilles mortes et le carton, doivent être équilibrées avec des matières azotées (les "vertes"), telles que les épluchures ou les tontes de gazon. Un excès d'azote peut provoquer une fermentation anaérobie, émettant des odeurs désagréables, telles que l'ammoniac.
Pour contrecarrer cela, il est conseillé de respecter une proportion carbone/azote d'environ 25 à 30 pour 1. Trop de matières vertes humides peuvent engendrer des odeurs, tandis qu'un surplus de brunes peut ralentir la décomposition. Ajouter régulièrement des matières sèches riches en carbone permet de maintenir un bon niveau d'humidité et de réduire les effluves.
2 - Aérer le compost
L'oxygène est essentiel pour un compost sain. Les micro-organismes aérobies, qui décomposent les matières, ont besoin d'air pour fonctionner et éviter la prolifération de bactéries malodorantes. Il est donc recommandé de retourner le tas de compost toutes les deux semaines, en utilisant une fourche ou un aérateur, favorisant ainsi l'entrée d'air et stimulant l'activité microbienne.
Cette opération prévient également que le compost ne devienne trop compact, créant ainsi des zones anaérobies où des odeurs peuvent se développer.
3 - Contrôler l'humidité
Un compost trop humide favorise la stagnation de l'air, développant ainsi des bactéries anaérobies. Le taux d'humidité idéal se situe entre 40 et 60 %. Le compost doit être à peine humide, comme une éponge bien essorée.
Pour surveiller l'humidité, vérifiez particulièrement après l'ajout de déchets riches en eau. Si le compost est trop humide, incorporez des matériaux secs comme des feuilles mortes ou de la paille pour absorber l'excès d'humidité. En revanche, si le compost est trop sec, ajoutez un peu d'eau pour créer un milieu adéquat.
4 - Éviter certains déchets
Certains déchets, comme les restes de viande ou produits laitiers, peuvent engendrer de fortes odeurs et attirer les nuisibles. Il est recommandé de les exclure du compost domestique ou de les traiter dans un composteur spécifique. De plus, évitez d'ajouter les excréments d'animaux ou les plantes malades, qui peuvent propager maladies et graines indésirables.
5 - Couvrir le compost
Utiliser un paillage en surface avec des matières brunes sèches peut réduire les odeurs et stabiliser l'humidité. Un bon couvercle a également un effet isolant, maintenant une température uniforme pour une décomposition rapide.
6 - Utiliser des activateurs naturels
Pour dynamiser la décomposition, envisagez d’ajouter du compost mûr, de la terre de jardin ou des déchets de tonte. Certains jardiniers ajoutent également des extraits de plantes, comme la consoude ou la prêle, qui sont reconnus pour leurs vertus stimulantes.
7 - Choisir un composteur adapté
Le type de composteur choisi peut influencera grandement la gestion des odeurs. Un composteur fermé avec une bonne aération prévient les nuisances olfactives et facilite le drainage. Pour les petits espaces, un lombricomposteur représente une excellente alternative, permettant une décomposition rapide et peu odorante.
Le compostage nécessite patience et observation. En ajustant l'équilibre des éléments et en adaptant les pratiques aux conditions locales, il est possible de créer un compost riche et sans odeur, contribuant ainsi à un jardinage respecteux de l'environnement.







