Beaucoup s'accordent à dire qu'enterrer des orties fraîches au fond des trous de plantation des tomates pourrait être bénéfique, en apportant chaleur et nutriments. Cependant, cette idée est trompeuse.
Les orties : un geste inadapté
Jean-Roch, un jardinier passionné, souligne que lorsque les plantes se dégradent, des microorganismes transforment la matière organique en ammoniaque, une forme d'azote. Bien que les orties soient riches en azote, l'ammoniaque doit être converti en nitrites puis en nitrates pour être assimilé par les légumes. Ce processus nécessite des conditions aérobies, ce qui n'est pas possible lorsque les orties sont enterrées trop profondément.
Lorsque les orties sont enfouies, elles se retrouvent dans un environnement pauvre en oxygène, et leur décomposition devient problématique. Les résultats sont souvent néfastes : fermentation, dommages aux racines, et même une production indésirable de méthane, un gaz à effet de serre.
En outre, cette pratique nuit également à la vie du sol et peut favoriser le développement de vers parasites, tels que les larves de hanneton.
Le paillage d'orties : une alternative bénéfique
Bien que l'enfouissement d'orties ne soit pas conseillé, leur utilisation en tant que paillis est une autre histoire. En effet, posées à la surface du sol, les orties libèrent lentement de l'azote et d'autres nutriments. Cette méthode permet aussi d'éviter les traitements chimiques néfastes.
Pour préparer un bon paillage, il est préférable de récolter des orties jeunes dans des zones sans pesticides. Même si vous optez pour des orties plus anciennes, veillez à ne pas sélectionner des pieds femelles, qui peuvent se ressémer dans votre jardin.
Le paillis d'orties offre des vertus similaires à celles du purin d'ortie, et peut être utilisé au pied des tomates, aubergines, et pommes de terre, mais aussi dans les parterres de fleurs. Cependant, si votre sol est déjà riche en azote, mieux vaut éviter ce type de paillage pour ne pas déséquilibrer le développement de vos cultures.







