Au troisième trimestre 2023, la France compte plus de 5 millions de chômeurs, représentant une hausse alarmante de 64 000 par rapport au trimestre précédent. La perte d'un emploi entraîne non seulement une baisse de revenus, mais pose également des défis financiers majeurs, surtout pour ceux ayant des prêts à rembourser. Comment gérer le remboursement de ses crédits après une perte d’emploi ? Voici quelques pistes à considérer.
1. Report et modulation des échéances de crédit
Face à une réduction des revenus, la première étape est de revoir son budget et d'identifier les dépenses pouvant être réduites. Grâce à la loi Hamon, il est désormais plus facile de changer d'assurance habitation, mutuelle ou auto, permettant ainsi de réaliser des économies. Ensuite, il est essentiel de contacter son conseiller bancaire pour explorer les options de report ou de modulation des échéances, surtout pour les crédits immobiliers à taux fixe.
Le report des échéances
Si le contrat de prêt le permet, l'emprunteur peut choisir de reporter le remboursement de ses échéances pour une durée variant d’un à 24 mois. Cela peut impliquer un report partiel, où seuls le capital cesse d’être remboursé, ou un report total, où même les intérêts sont suspendus. Cependant, cette solution génère des intérêts reportés et des coûts supplémentaires.
La modulation des mensualités
Pour ajuster ses paiements, il est également possible d'exiger une modulation des mensualités. Après deux ans, le montant de la mensualité peut être réduit de 10 à 30 %, ce qui prolongera la durée de remboursement et augmentera le coût total du crédit. Les prêteurs fixent un plafond qui peut allonger la durée d'amortissement de 2 à 5 ans.
2. Assurance de prêt : garantie perte d’emploi
Une autre solution consiste à activer l'assurance emprunteur, si elle a été souscrite. Mise principalement en place pour les crédits immobiliers, cette assurance peut couvrir tout ou partie des mensualités en cas de perte d'emploi involontaire, offrant ainsi une bouffée d'oxygène financière. Diverses garanties, comme celle liée à la perte d’autonomie ou à l’invalidité, sont également disponibles.
Conditions d’activation de la garantie
- Avoir été salarié en CDI depuis au moins un an dans la même entreprise.
- Recevoir des indemnités chômage dues à un licenciement involontaire.
- Avoir moins de 50 ou 55 ans lors de la souscription.
- Souscrire une garantie décès et d'autres couvertures pertinentes.
Notez que cette garantie comporte des exclusions, notamment en cas de démission ou de chômage partiel.
Montant d'indemnisation
La garantie perte d’emploi couvre généralement les mensualités pendant 18 à 36 mois. Toutefois, il existe des délais de carence et de franchise qui dépendent des conditions contractuelles souscrites.
3. Regroupement de crédits
Enfin, envisager le regroupement de crédits est une autre option viable. Ce processus consiste à rassembler toutes les dettes en un seul prêt, permettant de réduire la mensualité totale. Bien que cette technique puisse offrir une meilleure flexibilité dans une période de chômage, elle implique souvent un allongement de la durée de remboursement.
- Prêts à la consommation (personnel, affecté, renouvelable).
- Prêt immobilier.
- Découvert bancaire.
- Factures impayées (impôts, loyers, etc.).
Les critères d'octroi d'un regroupement de crédits sont généralement moins stricts, mais il est recommandé d’y adjoindre un co-emprunteur en CDI pour améliorer les chances d'approbation.
Il peut également être judicieux d'envisager de rembourser par anticipation tout ou partie de ses dettes, bien que cela entraîne des frais d'indemnisation. Ces frais sont de 3 % pour un crédit immobilier et de 1 % pour les crédits à la consommation lorsqu'ils dépassent 10 000 €.







