En ce 20e anniversaire de l'euro, les Français s'interrogent sur l'impact de cette monnaie unique sur leur quotidien, notamment en matière de pouvoir d'achat.
Un constat partagé par de nombreux retraités
Danièle, 73 ans, rappelle : "Je ne sais pas si cela vient de la CSG ou d'une revalorisation des retraites insuffisante, mais depuis l'euro, je ressens plus de privations." Bien qu'elle se soit habituée à cette nouvelle devise, elle constate une diminution de son train de vie. Auparavant, avec des revenus modestes, elle disait ne pas avoir à surveiller ses dépenses. En effet, si les chiffres montrent une inflation de 1.4 % par an depuis l'adoption de l'euro, de nombreuses personnes, comme Alain, 70 ans, reconnaissent qu'ils vivent sans doute mieux aujourd'hui grâce à davantage de vacances et de cadeaux pour leurs petits-enfants.
L'inflation cache des disparités
Pour beaucoup, la conversion en euros est encore récente. Corinne, 55 ans, se rappelle des montants en francs et a souvent l'impression de faire des comparaisons biaisées. Cependant, une étude allemande affirme que chaque Français aurait perdu 56 000 euros depuis l'introduction de l'euro, une assertion contestée par des économistes en raison de méthodes de calcul jugées peu fiables.
Xavier Timbeau, directeur de l'OFCE, précise que "la question du pouvoir d'achat doit se poser en termes de ce qu'un ménage peut acquérir avec un euro". Il observe cependant que certains prix, notamment ceux de l'énergie, du logement et des services de santé, ont augmenté plus vite que l'inflation, impactant plus fortement les seniors qui consomment davantage ces services.
Des arrondis aux dépens des consommateurs
La perception du pouvoir d'achat est également influencée par la psychologie des consommateurs. L'Insee note que les ménages éprouvent une sensibilité accrue face à toute montée des prix. De plus, des ajustements de prix, comme ceux du pain ou du café lors de la conversion en euro, ont créé des frustrations. Des témoignages comme celui de Maïti, 80 ans, révèlent que les retraites n'ont pas nécessairement suivi le rythme de ces hausses.
Xavier Timbeau souligne que la mondialisation a fait chuter le prix de certains biens manufacturés, mais a pénalisé les produits locaux, ce qui améliore le ressenti des consommateurs locaux. Danièle, quant à elle, préfère soutenir les artisans de son village, reconnaissant que cela a un coût.







