Dépenses imprévues, travaux nécessaires ou compléments de revenu, il est possible de retirer de l'argent de son assurance-vie. Voici les stratégies à adopter.
Des options flexibles
Contrairement à une idée reçue, les fonds investis dans une assurance-vie sont accessibles. Vous avez intérêt à laisser ces sommes fructifier pour maximiser vos gains, mais vous pouvez également les utiliser quand vous le souhaitez.Que ce soit pour des avances, des retraits ponctuels ou réguliers, plusieurs alternatives s'offrent à vous.
Opter pour une avance
Si vous avez un besoin urgent de liquidités, comme pour des travaux, demander une avance pourrait s'avérer judicieux. Il est possible d'obtenir jusqu'à 80 % de votre assurance-vie (la valeur de garantie) sous forme de prêt. Ce prêt, en plus de ne pas perturber votre épargne qui continue de croître, vous exonère de formalités de crédit et de taxation sur la somme empruntée. Florence Brau Billod, gestionnaire de patrimoine, précise que le remboursement doit être effectué dans les trois années suivant l'avance.
Choisir le bon moment pour un retrait
Avant de faire un rachat, il est essentiel de bien comprendre les composants de votre contrat d'assurance-vie. Si vous disposez de fonds en euros, le capital est garanti et le retrait est sans problème. En revanche, pour ce qui touche aux unités de compte (actions), évitez de vendre vos parts si cela entraîne une perte, conseillez les experts. Avant de vous engager, consultez votre banquier et n'hésitez pas à attendre si nécessaire.
Gérer la fiscalité des retraits
Lors de chaque rachat, vous aurez à faire face à une imposition sur la part de gain, tandis que le capital reste exempté. Vous pouvez choisir entre plusieurs options fiscales, comme un taux selon votre tranche d'imposition ou un taux forfaitaire dégressif. Les taux varient: 35 % si le contrat a moins de 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, et 7,5 % au-delà de 8 ans. À noter que depuis 2018, une taxation unique à 30 % s'applique pour les gains dépassant 150 000 €, intégrant tous les contrats d'assurance-vie.
Bénéficier d'abattements après 8 ans
Une fois 8 ans passés, vous pouvez retirer jusqu'à 4 600 € de gains par an, sans payer d'impôts, ou 9 200 € pour un couple. Une stratégie intéressante consiste à effectuer des retraits en fin et début d'année pour maximiser cet abattement fiscal. Il est judicieux de solliciter une simulation auprès de votre conseiller avant de réaliser des opérations de rachat.
Exonérations spécifiques
Le rachat peut être exempt d’impôt sur le revenu en cas de licenciement ou d'invalidité reconnue. Les contrats ouverts avant le 1er janvier 1983 ne déclenchent aucune imposition tant que les plus-values ne concernent pas des versements effectués après le 10 octobre 2019. Les contrats souscrits avant le 26 septembre 1997 bénéficient également de ce régime d'exonération.
Attention aux règles après 70 ans
Pour les souscriptions effectuées après 70 ans, l'avantage fiscal pour les héritiers est réduit : l'exonération des droits de succession n'est que de 30 500 € par bénéficiaire. Il est donc plus stratégique de demander une avance si un besoin de liquidité se présente dans cette période.







