Durant le Salon de l'Agriculture, Danone a animé ce jeudi une table-ronde dédiée au thème crucial du bien vieillir pour les agricultrices, un sujet qui mérite toute notre attention.
Un métier aux spécificités uniques
Une récente étude de Danone révèle que 84 % des femmes ressentent des symptômes liés à la ménopause, tels que douleurs articulaires et bouffées de chaleur. Cependant, seulement 21 % consultent un professionnel de la santé. Le tabou entourant la ménopause reste fort, bien qu’il commence à s'atténuer. Dans le contexte agricole, le vieillissement présente des enjeux encore plus complexes. Les agricultrices jonglent avec leurs responsabilités familiales, professionnelles et sociales, rendant leur quotidien particulièrement exigeant. La continuité de leur travail est cruciale, car les animaux ne connaissent pas de pause, même le week-end. Cela crée des défis lorsque le moment de la retraite arrive, souvent associé à un profond bouleversement.
Déserts médicaux et accessibilité
Dans les zones rurales, les femmes font face à une grande difficulté d'accès aux soins. Caroline Gilbert, agricultrice dans le Lot, explique qu'il lui faut une heure de route pour atteindre un gynécologue, ce qui limite considérablement son suivi médical. Cette absence de soins est d'autant plus préoccupante pendant la ménopause, période durant laquelle les femmes présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires. En outre, il est impératif que les praticiens soient mieux formés pour comprendre et traiter ces enjeux spécifiques. Comme l’affirme Françoise Néant de l’Institut Danone, la ménopause ne devrait pas être perçue comme une maladie, mais comme une phase de vie nécessitant des conseils éclairés sur la santé et l’alimentation.
Isolement et dépendance financière
Bien que vivre en milieu rural offre des avantages tels que l'air pur et la possibilité d'une vie active, l'isolement constitue un véritable obstacle. Les agricultrices veuves, souvent sans permis de conduire, souffrent d'un manque de mobilité exacerbé par des services publics limités. Mathieu Alapetite de France Silver Eco souligne l'importance de créer des solutions de mobilité adaptées, comme le covoiturage, pour favoriser les rencontres et éviter l'isolement, un cercle vicieux aux conséquences sur la santé. Parallèlement, le poids financier de la dépendance est une préoccupation majeure. Les agricultrices âgées, souvent laissées pour compte, peinent à financer des structures d'accueil telles que les EHPAD. Anne Gauthier, vice-présidente de la MSA, évoque la nécessité d'imaginer de nouvelles formes de solidarité et d'hébergement pour ces femmes qui ont tant donné et méritent dignité et respect dans leurs années dorées.







