Rien de plus frustrant que de retrouver, au cœur de l'hiver, une courge flétrie oubliée dans un coin. Avant l'ère des chambres froides et des conservateurs, nos aïeux ont mis au point des gestes simples et efficaces pour prolonger la durée de vie des cucurbitacées. Accessible à tous, cette méthode privilégie le soin à la récolte, l'hygiène douce et un stockage adapté : le trio gagnant pour des fruits intacts pendant des mois.
Pourquoi redécouvrir ces pratiques d’autrefois
Au-delà de la nostalgie, ces techniques répondent à des enjeux contemporains : limiter le gaspillage, consommer local et réduire l'usage d'intrants chimiques. En respectant le cycle de maturation des courges et en appliquant quelques précautions, on conserve leur texture, leur goût sucré et leur chair dense — qualités qui ne cessent de s'améliorer avec un stockage lent et maîtrisé.
Préparer et conserver : la méthode pas à pas
- Récolte au bon moment : cueillez par une journée sèche et ensoleillée, lorsque la peau est dure et mate et que le pédoncule est bien desséché.
- Conserver un morceau de queue : laissez au moins 4 à 5 cm de pédoncule ; il protège l'entrée des spores et limite la pourriture.
- Faire cicatriser (option recommandé) : exposez brièvement les courges au soleil ou dans un endroit chaud et ventilé pendant quelques jours pour « cuir » légèrement la peau et améliorer sa résistance.
- Nettoyage et désinfection douce : essuyez la terre avec un chiffon sec. Pour réduire les risques de contamination, passez un linge imbibé d'alcool à 70 % (ou d'un alcool alimentaire fort) sur la peau, puis laissez bien sécher à l'ombre.
- Stockage adapté : placez chaque courge à plat ou pédoncule vers le haut, espacée pour assurer la circulation d'air, sur une clayette, une planche ou un carton. Évitez les empilements.
- Conditions de conservation : conservez dans une pièce fraîche, sèche et ventilée — idéalement entre 12 °C et 18 °C — à l'abri du gel et de l'humidité excessive.
- Surveillance régulière : contrôlez chaque fruit toutes les quelques semaines, retournez-les pour diminuer les points d'appui, et consommez en priorité les courges présentant la moindre blessure.
Pièges à éviter et conseils pratiques
- Ne jamais rincer les courges à grande eau avant stockage : l'humidité favorise la pourriture.
- Évitez les caves trop humides ou les endroits exposés aux gelées nocturnes ; elles accélèrent les détériorations.
- Si une courge montre des signes de moisissure, isolez-la et utilisez‑la rapidement : une petite plaie peut contaminer tout un lot.
- Pour améliorer la ventilation, placez une fine planche ou un carré de carton sous chaque fruit ; cela évite les points de contact humides et prolonge la conservation.
Appliquée avec soin, cette approche traditionnelle permet souvent de déguster ses dernières courges jusqu'à la fin de l'hiver, voire au début du printemps. Simple, économique et respectueuse de la saisonnalité, elle rappelle que la patience et quelques gestes bien choisis suffisent parfois à préserver la saveur des récoltes d'autrefois.







