Depuis trois semaines, le détroit d'Ormuz est bloqué en raison des conflits entre l'Iran d'une part, et Israël et les États-Unis de l'autre. Exceptionnels, seuls quelques cargos et pétroliers, principalement d'origine iranienne, ont pu traverser ces eaux stratégiques.
Les statistiques sont révélatrices : du 1er au 19 mars, 116 traversées seulement ont été réalisées, le cabinet d'analyse maritime Kpler rapportant une chute de 95% par rapport aux périodes de paix. Parmi ces traversées, 71 concernaient des pétroliers, dont la majorité était chargée de pétrole, avec une prédominance vers l'Est.
Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd's List, souligne : "Le trafic est principalement assuré par des vraquiers, des pétroliers et des porte-conteneurs."
Des navires iraniens, grecs et chinois dominent le passage
L'analyse de Bridget Diakun de Lloyd's List Intelligence révèle que la majorité des navires ayant franchi le détroit sont iraniens. Récemment, des paquebots grecs ont constitué 18% des opérations, suivis par des navires chinois à hauteur de 10%.
Bien que l'Iran contrôle toujours cette voie essentielle, le flux maritime reste largement perturbé. "Bien que Téhéran continue d'exporter son pétrole, tout le trafic demeure au point mort", annonce Richard Meade.
Une majorité de navires sous sanctions
D'après une analyse de l'AFP, plus d'un tiers des navires ayant tenté de traverser étaient soumis à des sanctions de l'Occident. Cela inclut bien plus de la moitié des pétroliers et méthaniers.
Le pétrole iranien principalement destiné à la Chine
Un récent rapport de JPMorgan indique que presque toute la production observée dans le détroit, soit 1,3 million de barils par jour début mars, est d'origine iranienne. En temps normal, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial passe par ce détroit.
Transits autorisés grâce à des accords
Il semblerait que certains navires aient emprunté des routes plus proches des côtes iraniennes, avec un soutien tacite de Téhéran, incluant des navires indiens et pakistanais. Richard Meade signale des discussions entre plusieurs nations, y compris la Chine et l'Inde, pour coordonner les passages sécurisés au sein des Gardiens de la Révolution iraniens.
Lloyd's List a également mentionné au moins neuf navires ayant utilisé un "couloir" près de l'île de Larak pour être inspectés par les autorités iraniennes.







