Dans un contexte de hausse des prix des carburants, le gouvernement français a décidé d'accorder son autorisation au raffineur canadien North Atlantic France pour accroître sa production de gazole et de kérosène dans sa raffinerie située à Gravenchon, dans la Seine-Maritime. Cette augmentation de 10% est conditionnée par la nécessité de maîtriser les risques associés, comme l'indiquent les ministres délégués à l’Énergie, Maud Bregeon, et à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, dans un courrier consulté par l’AFP.
Ils précisent : «Votre dossier affirme que les risques et les pollutions induits par une augmentation de débit de 10% de l’unité de distillation ne seraient pas significativement augmentés, demeurant ainsi contenus et maîtrisés». Si tel est le cas, l’autorisation du préfet de Seine-Maritime, permettant un accroissement de la production “rapidement et temporairement”, devrait être confirmée. North Atlantic a proposé cette demande le 27 mars dernier.
Le gouvernement a précédemment exhorté les raffineurs à augmenter leur production de carburants pour atténuer les pénuries causées par la guerre en cours au Moyen-Orient, tandis que TotalEnergies, le principal acteur du secteur, ne pouvait pas accroître ses capacités, selon un expert contacté par l’AFP. En revanche, North Atlantic a affirmé pouvoir augmenter sa production de 10% à la raffinerie de Gravenchon, qui représente à elle seule environ 20% de la capacité de raffinage en France.
Cette hausse de production est prévue pour une durée initiale de six mois, comme le précise le courrier ministériel. Un arrêté préfectoral doit être émis dans les jours à venir pour officialiser cette autorisation. North Atlantic devra également s'engager à réviser dans les trois mois son étude sur les risques liés à l'unité de distillation et fournir un bilan de ses activités sur les quatre premiers mois d'opération.
Cette production additionnelle, estimée à 12 000 tonnes de kérosène et 15 000 tonnes de gazole par mois, est considérée comme “toujours bienvenue dans la situation actuelle”, selon le cabinet de Mathieu Lefèvre. En effet, selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip), la consommation en France a atteint 7,1 millions de tonnes de kérosène et 27 millions de tonnes de gazole en 2025, ce qui représente une moyenne mensuelle de 592 361 tonnes de kérosène et 2,25 millions de tonnes de gazole. L’augmentation de production à Gravenchon constituerait ainsi environ 2,03% et 0,67% de la demande mensuelle respective.







